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lundi 22 août 2011

LE GRAND GUIGNOL // The Great Maddening

(les parties en italique sont de P. Ju, merci à lui, gros ;) )




« Le qualificatif de Grand Guignol (adjectif grand-guignolesque) s'applique aux divertissements basés sur un spectacle d'horreurs macabres et sanguinolentes. »

« Approchez mesdames et messieurs pour un spectacle exceptionnel et inoubliable ! Venez admirer les plus belles monstruosités de notre temps, l’acrobat-batteur psychotique avec son blast à deux têtes, la bass à barbe et ses cordes tueuses, l’ignoble chanteur cracheur de sang, le guitariste-pianiste-violoncelliste a plusieurs bras et le chœur des enfants malformés. Tout un programme pour vous ravir en cette sombre soirée !

Combien de places monsieur ? »



"Euh... 69 ?"

Difficile de se frayer un chemin dans ce dédale où des bras pendent un peu partout, la plupart dégoulinant d'un produit visqueux dont je ne peux (ne veux ?) juger la nature dans la pénombre.

Ben ouais, parce que pendant que l'entrée se dévoile à mes yeux, la musique qui introduit le spectacle est parfaitement mise en oeuvre. Lugubre à souhait, le macabre magnifié comme rarement (certains penseront au travail cinématographique de Burton, ils n'auront pas forcement tort).

Mais on m'avait parlé de Metal. Me serais-je trompé d'endroit ?

Je demanderais bien ma route à une des personnes ici tandis que sur la scène le spectacle commence à prendre place, mais elles me semblent toutes dérangées voire.... Difformes ?

"euh... Madame ?"

Oui mon mignon ? Tu veux que je t’emmène avec moi en backstage ? Tu verras c’est plein de gens passionnants. Il y a le singe hurleur tantôt riant tantôt inquiétant, des guitaristes aux riffs principalement rythmiques qui sont là pour égayer les profondes palpitations du piano et des autres orchestrations pratiquées par une seule et même personne profondément décalée.
La pieuvre batterie en triolet,
en sextolet,
elle sera là pour t’affoler,
Je t’emmènerais danser,
avec moi sur différentes pistes, les psychotiques, les flamencos, les orientales mais aussi les plus joyeuses comme les plus sombres.
-La créature hideuse en son fort intérieur : « je n’ai plus qu’à lui faire mon sourire et je boufferais du chaud ce soir »

-"Euh..."

Je me répétais, mais j'étais à vrai dire paumé.

Un peu à la façon d'un Meshuggah, au début, dans le sens où je me retrouve sans repère. Sans vraiment savoir sur quoi je tombe.

Ces gens là s'amuseraient t'ils a nous prendre au dépourvu ? A faire en sorte de nous prendre à contre-pied ?

Le singe hurlait. Profonde guttu parfois, mais surtout à la façon d'un criard habillé en noir, emmené par une rythmique folle et aliénée. Une rythmique qui se casse en plein milieu pour recommencer de plus belle... ou ne plus recommencer du tout, d'ailleurs.

Et c'est là que je comprend.

Ils ne font pas ça pour nous prendre à contre-pied. Non.

Quand le morceau explose. Quand sa structure ne correspond plus à rien. Quand un riff complètement génial n'est utilisé qu'une seule et courte fois dans un morceau avant de retourner au néant. Quand on touche ce moment sublime, c'est pour privilégier l'ambiance. Cette atmosphère oppressante, irréelle et pourtant tellement palpable.

La pieuvre tape comme une possédée. Le singe hurle comme un monstre. La fille au nez fondu chante d'une façon claire et lugubre, et l'espèce d'araignée humanoïde en fond, celle qu'on voit mal, celle qui accompagne le tout de lugubres claviers, cette araignée prend soudain toute son importance.

"Tu t’emballes mon mignon.
Qu’est-ce qui te perd,
tu veux que je t’aide à retrouver tes repères,
tu as peur de mes compères ?
Regarde le son est bon, leur exécution musicale est exemplaire
l’artwork est épuré,
dans le pur style cabaret,
et les idées multivariées.

Qu’en penses-tu mon garçon ?"


Je reprends – péniblement - mes esprits sur des airs de ritournelle archi connues et que je n’arrive pourtant pas à nommer. Ce genre de mélodie qu’on à tous entendu un jour ou l’autre. Tout cela mêlé à la batterie de la pieuvre, alors que le singe hurle sa folie, me crache au visage la mienne alors que le public applaudis à plusieurs reprises. Parfois il se parle à lui-même. Parfois il rigole au ciel ou murmure des insanités. Et le public applaudis de plus belle.

La Folie et son éternelle jeunesse, un esprit dérangé dans un corps dérangé. Quand tout s’arrête pour recommencer sur un air de guitare sèche. Quand tout explose sur un blast enivrant. J’ouvre les yeux sur une scène qui s’écroule, sur une tragédie devenue mienne, sur un groupe qui fait son show debout sur un amoncellement de cadavres, et qui en rit. Et le public rit aussi.

Ma raison vacille.

Je suis noyé sous une avalanche de membres découpés, alors que le piano s’arrête brusquement, que le clavecin reprend sa lugubre mélodie et que la fille au nez fondu chante dans la pénombre.

Puis je réalise qu’on m’a enfermé dans une cellule capitonnée. Mon entre-jambe est souillé et le rictus figé qui me déforme le visage laisse passer la bave à la commissure de mes lèvres.

Mais je ne suis pas fou. Contrairement à ce qu’ils disent tous, je ne suis pas fou.

J’ai juste écouté « The Grand Maddening ». Le premier opus progressif pondu par « Le Grand Guignol ».

Faites-en autant. Après tout, plus on est de fous, plus on rit.

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