Blog chaotique à la mise à jour aléatoire.


On y cause de
Métal sous toutes ses formes, d'ambiance d'apocalypse, films, séries, jeux de rôle et jours de colère...

jeudi 11 décembre 2025

L'ABBAYE DEVIENT UN BAGEL

Salut toi.

Tu te demandais p'tetre où étais passé tout le bordel de l'Abbaye de MetaCréatures, mon ancien site ? Et bien mon ancien site est devenu un bagel.

Car un jour, je m'ennuyais, alors j'ai tout mis sur un bagel. Tout. Absolument tout. Tous mes espoirs et mes rêves, mes anciens bulletins scolaires, toutes les races de chiens, jusqu'à la dernière petite annonce sur Craigslist. Sésame. Pavot. Sel...

Et ça s'est effondré sur lui-même. Car tu vois, quand tu mets vraiment tout sur un bagel, ça devient... la vérité.

Et la vérité, c'est que rien de tout ça n'a vraiment d'importance.... C'est bien pour ça qu'a terme tu trouveras tout ce que j'ai fait dessus. Mes nouvelles les plus sordides. Mes jeux de rôle, scénario, aides de jeu, fiches... Mes émissions de radio. Mes chroniques les plus pointues. Tout ça me représente mais reste tellement superflu, pas vrai ? Et c'est aussi pour ça que je précise "à terme". Parce que tout ça arriveras un peu quand ça me passera par la tête.

Tu trouveras tout ça, en bordel et avec une mise à jour chaotique comme d'hab; ici.



See ya, hippie.



vendredi 6 juin 2025

MEN IN BLACK : Black Hole Sun

 Le MIB nouveau est arrivé !

Il parait que les Krylons sont les Spice-Girls de la Galaxie. Tu le savais ?

Nos agents se retrouvent avec un raplapla sur les bras. un Raplapla non autorisé bien évidemment.


Tu en sauras plus en téléchargeant le scénario ici.

See ya !

vendredi 7 février 2025

MEN IN BLACK : Color Your World

Le temps file. Cela fait déja un moment que j'ai mis à disposition sur la Scénariothèque ce scénario pour Men In Black, que je met à ta disposition sur ton blog favori mais au combien peu souvent mis à jour.

Il est question de couleur perdu, d'alien névrosé et de peintre psychédélique, pour un scénario dont le titre est tiré d'un morceau de Devin Townsend.


Tu trouveras ça ici.

Bonne partie à toi.

See Ya !


mardi 13 août 2024

RPGADAY #13

Le senvironnements en JDR, c'est le thème du RPGaDAY du jour ;)

Seeya !

RPGaDAY 2024 #12

Salut.

Je m'attaque aux RpgADay 2024 en vidéo. Ce petit challenge est plutot sympa, je m'y prête facilement, puis c'ets l'occasion de rplonger dans mes réseaux.

See ya !

dimanche 16 juin 2024

TIME IS ON MY SIDE

 Uch, tu la sens la manque d'actualisation du blog ?



Paradoxalement je ne jamais été aussi actif, autant en création d'aide de jeu que de scénarios ou de parties. Je vais essayer de mettre tout ce matos sur le blog mais, hey, sois patient...


Déja, voici quelques fiches de prétirés pour l'excellent jeu "les Miaulements d'Ulthar", de Xaviiier. Ce jeu un peu barge où tu peux incarner des chats d'Ulthar pour revisiter tes vieux scénarios cthulhu.

La présentation du jeu est ici.

Voici les fiches de : 


ORICHAT - ISIS - MAYA - DUKE - CHIFFON - ATOR


See ya !

samedi 24 décembre 2022

SYMPHONY OF DESTRUCTION POUR MEN IN BLACK

 Salut toi.

Mettre en ligne un jeu c'est bien beau. Mais j'aime fournir du matériel pour mes jeux. Voici donc le premier scénario pour Terriens & Tri-barrel Plasma Guns - MEN IN BLACK, abrégé en T&TBPG parce que c'est quand même plus simple. 


C'est un scénario d'initiation au jeu que j'ai put présenté lors du mois des Fausses Notes organisé par l'association Les Contrées Des Jeux.


Avec son titre tiré d'un morceau des Megadeth (encore) il me permet également de saisir l'opportunité de te souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année et tout ce qui va avec.


Pour le télécharger c'est ici.


See ya !

lundi 10 octobre 2022

INTERVIEW INFERNALE DE JOHAN SCIPION (SOMBRE STRIKES AGAIN & AGAIN & AGAIN)

 Salut à toi.

Johan Scipion est de retour de sa sombre patte sur le Blog du Visage Défoncé au Marteau. Et pas que parce qu'il matte des chouettes films ou écoute de la bonne zik, non mooosieur. Johan est surtout et avant tout un auteur de jeu de rôles indépendant et autonome, créateur immortel de l'inénarrable et indétrônable Sombre, le jeu de rôle qui, en plus de te faire peur comme au cinéma, repense et repose les bases de ce fantastique loisir en une poignée de numéros. Poignée de plus en plus grosse, certes, je te l'accorde.

Mais justement, Halloween aidant, c'est le retour du petit indépendant daaaaark. Alors je suis allé voir m'sieur Sombre pour lui demander comment était l'ambiance quand on sortait de la messe noire.T'as le résultat, ici, sous tes petits yeux fripons.

 

Salut Johan !

Hello monsieur Groumph'. Quel plaisir de papoter de nouveau avec toi. 


Alors, on fête le 666e numéro de Sombre ? Raconte voir.

Tout bêtement, l'occasion a fait le larron. Quand j'ai vu que j'en arrivais bientôt au 666, je me suis dit qu'étant donné la symbolique du chiffre, il fallait que j'en profite pour faire un numéro spécial démons. En définitive, j'en ai écrit deux parce que, hey, pourquoi pas ? Un régulier et un hors-série qui le complète.

Ce hors-série qui accompagne S666 est le HS11. Pourquoi n’est-ce pas le 999 ? 

Pour faire rager. Ça crispe, hein ?

Les couvertures des numéros rappellent la « bonne époque » des suppléments INS, le souffre en plus, voire certains albums de black ou de death (coucou Deicide et Behemoth). T’as pas peur des retours de personnes un peu trop intégristes ?  

J'espère qu'il n'y aura rien de ce genre parce que ce n'est pas le but. Je devais bien sûr annoncer la couleur avec mes couvertures. Elles sont la vitrine des zines, c'est leur fonction. Mais je ne cherche pas la provocation. Mon créneau est le divertissement ludique. Je veux simplement faire ce que j'estime juste. Pas au sens de bon, d'approprié. Inscrire, y compris graphiquement, chaque numéro dans le sous-genre horrifique auquel il est dédié. En l'occurrence, tous ces films qui depuis L'Exorciste et Hellraiser traitent de démons, de possession et/ou d'enfer.Pour parler de L'Exorciste, je t'avoue que si je vois bien les raisons de son succès, je n'ai en revanche jamais compris le scandale qu'il a généré. Lui reprocher le blasphème ou la démonolâtrie relève au mieux d'une lecture superficielle du livre et du film. Je me suis toujours dit que les catholiques qui conchiaient ces œuvres ne le faisaient que sur la base de leur réputation, sans les avoir ni lues ni vues. Parce qu'en vrai, sous le verni horrifique, ce sont des produits 100 % catho. Gentils curés contre méchants démons, avec une vraie finesse d'écriture, d'interprétation et de mise en scène.

Merrin n'est certes pas super bien dégrossi, c'est un archétype fun, mais Karras est un personnage magnifique. L'un des prêtres les plus réussis de la littérature et du cinéma, tous genres confondus. Et leur fin à tous deux est celle d'authentiques martyrs. Merrin se tue à la tâche, Karras se sacrifie pour sauver une enfant. À mon très modeste niveau, j'ai tenté de capter une petite partie de ce superbe drame dans le scénario de S666.

 
Conjuring, Sinister ou Délivre-nous du mal, les films de possession sont légion. Tu es plutôt old school ou est-ce que les nouveaux numéros de Sombre lorgnent aussi vers ces films plus récents ?

Je n'ai pas encore vu Délivre-nous du mal, mais garde un bon souvenir (quoique un peu flou, je l'avoue) de Sinister, et suis fan de Conjuring, le premier surtout. J'aime beaucoup ce que fait James Wan en horreur. À côté de cela, je considère que L'Exorciste est un chef-d'œuvre. Donc old ou new school, tout me va. Dans S666 et HS11, je me suis efforcé de capter les codes et les clichés des films de démons et de possession. Si je me mets en tête de distinguer par principe le neuf du vieux, je vais louper des trucs cool.

Cela ne veut pas dire que je n'ai pas mes préférences. Clairement, mes passions cinéphiliques orientent mes choix créatifs, mais je n'ai pas forcément besoin d'aimer beaucoup un film pour m'en inspirer. Parmi les références que je donne en ouverture de chacun de mes scénarios, il n'y a pas que de gros kifs. La plupart le sont, mais pas toutes. On peut trouver de bonnes idées, un micro détail parfois, dans des films globalement passables ou mauvais. On peut aussi en tirer des leçons pour ne pas refaire à table les erreurs vues à l'écran. Il ne m'arrive plus de regarder un film d'horreur en simple spectateur. Il y a toujours une petite partie de mon cerveau qui game-designe.


Dans tes articles, tu as prévu l’intervention de prêtres ? Pas trop compliqué de faire incarner PJ prêtres cohérents a des joueurs autour d’une table ? Tu as des pistes sympas à donner ?

J'ai effectivement prévu un scénario dans lequel on joue des prêtres, mais ce n'est pas le thème principal de S666 ni de HS11. Ces numéros traitent des démons. Or les uns vont très bien sans les autres. J'aborde bien sûr la question des exorcismes, mais on peut mettre des créatures infernales dans ses parties de Sombre sans qu'il n'y ait pour autant de prêtres. D'ailleurs, c'est en vain qu'on en chercherait dans les cinq comptes rendus de playtest que je publie dans HS11. Le manichéisme gentils curés contre méchants démons n'est pas toujours de rigueur. On peut s'y adonner si on aime (je propose des pistes narratives et des outils techniques pour le faire), mais ce n'est pas une obligation. J'insiste : tous les films d'horreur qui présentent des démons sont loin d'être des films d'exorcisme. Hellraiser, hein. L'autre référence majeure de S666.


"On peut trouver de bonnes idées, un micro détail parfois, dans des films globalement passables ou mauvais. On peut aussi en tirer des leçons pour ne pas refaire à table les erreurs vues à l'écran."


Dans l’article Pandémonium, tu présentes douze démons issus de tes parties. Pourquoi un tel chiffre ?

Il n'y a pas de raison particulière. Je reconnais volontiers que, dans le cadre de Sombre, j'ai développé un fétichisme du chiffre 3 et de ses multiples, mais le roster aurait pu aussi bien compter 11 ou 13 démons que cela n'aurait pas gêné. Il fallait seulement qu'il y en ait suffisamment pour quadriller le sous-genre. Je voulais de la variété, plein de thèmes et de concepts différents. Mais il ne devait pas non plus y avoir trop de démons pour que je puisse consacrer à chacun assez de texte pour bien le typer. Je n'ai que 72 pages par numéro et voulais que ce sommaire soit aussi riche que possible. Il ne fallait donc pas que le roster s'étale trop. De toute façon, et aussi paradoxal que cela paraisse après ce que je viens de dire, je n'avais pas non plus envie de publier une très longue tartine de texte sur chaque démon. J'étais conscient que cela aurait diminué sa jouabilité. Il faut décrire, mais si tu le fais trop, la pléthore de détails complique l'appropriation des meneurs. Au global, le bon équilibre s'est avéré être une douzaine d'antagos infernaux. Ni trop ni trop peu.



Le scénario de ce numéro est prévu pour 2 joueurs. C’est assez unique dans la revue pour être souligné. Pourquoi un tel choix ? Est-il possible d'agrandir le cast ?

Je précise qu'il s'agit de 2 joueurs + 1 meneur, donc en tout trois personnes. Exorcismus n'est pas le premier scénario Sombre jouable dans cette configuration, mais tu fais bien de souligner qu'aucun autre n'est prévu pour exactement 2 joueurs. La raison en est simple, il s'agit d'un scénar à la manière de L'Exorciste. En gros fan que je suis, je voulais mener à ma table quelque chose qui lui ressemble. On y joue donc un prêtre et son assistant durant un exorcisme catholique. Plus exactement, la version horrifique du catholicisme, celle qu'on voit dans les films de trouille américains. Du coup non, on ne peut pas étendre le cast. Ni même le réduire. C'est vraiment un scénario pour exactement 2 joueurs. Tout, de l'équilibrage technique aux aides de jeu en passant par les indications de roleplay théâtral, est pensé pour un duo.


C'est un scénario Max. As-tu eu des retours sur ce système ? D'après toi, laquelle des trois variantes Sombre est la plus pratiquée ?

J'ai eu quelques retours sur Max. Des comptes rendus de parties de L'appel du bayou (le scénario lovecraftien du livre de base, S9) et de Minimax (la variante Stranger Things dark publiée dans S10), et même le récit d'une partie jouée d'après un scénario original, écrit par le meneur lui-même. Des gens utilisent Max, c'est un fait. Sont-ils nombreux ? Je ne saurais dire.

J'ai très peu de visibilité sur ce que le public fait avec mon jeu. Si ça se trouve, certains l'achètent pour en tapisser les murs de leurs toilettes. Tout est possible, ne zappez pas. Parfois, j'ai des échos de la pratique de Sombre, via Internet ou de vive voix, en convention, mais ces retours sont très partiels et pas du tout représentatifs. Depuis longtemps, mon jeu vit sa propre vie commerciale et ludique hors de mon contrôle. Je connais quelques clients, meneurs et joueurs, mais à ce stade, la plupart passent très largement sous mon radar.

À la pifette et en me basant sur mes chiffres de vente (seule donnée certaine dont je dispose), je ne pense pas que Max soit le système Sombre le plus joué, ne serait-ce que parce que c'est le dernier paru. Classic date de S1, Zéro de S2 (ouais, bien avant son livre de base, qui est S6) et Max seulement de S9. Or les gens qui se mettent à Sombre ont plutôt tendance à attaquer par deux ou trois numéros réguliers à petits chiffres. Ce qui est rationnel. Commencer par le commencement fait sens. En l'occurrence, le 1 et 2, parfois complétés par le 3 et 4 quand on a les moyens et l'envie d'investir un peu. Ou directement le 6 parce qu'on veut du simple très simple. Mais sauf à overkiffer Predator (le bon goût, n'est-ce pas), on tape rarement dans le 9 d'emblée.


En plus de comptes rendus, HS11 contient des nouvelles cartes pour l’excellent The Darkly Dozen, scénario publié dans HS4. Tu penses qu'il est beaucoup pratiqué ? Tu n’as jamais imaginé le sortir au format jeu de société ?

Aucun retour sur Dozen. Il faut dire qu'il ne se prête guère aux comptes rendus. Il ne produit pas de fiction rôliste, qui est en général ce que les meneurs aiment relater dans leurs CR. Peut-être sommes nous, toi et moi, les seuls à jouer avec ? Si c'est le cas, ce n'est pas bien grave car je prends énormément de plaisir à le designer et le playtester. Mes parties de Dozen sont leur propre récompense. Jouer ce scénario est trop fun, je ne m'en lasse pas. Et puis, ses extensions n'occupent pas énormément de place dans les hors-séries. Donc même si elles ne sont que pour toi et moi, il n'y a pas scandale éditorial.

Pour ce qui est d'une publication hors la revue, ma position est la même que pour tout le reste de Sombre : je ne suis par principe opposé à rien. Faut juger sur pièces, un projet à la fois. Par contre, je ne veux pas me lancer dès à présent dans quoi que ce soit qui puisse concurrencer le fanzine alors que je m'échine à le maintenir en vie, particulièrement si le matériel concerné n'est pas abouti. Dozen est un work in progress. Hors-série après hors-série, je lui ajoute plein de trucs. Et j'en ai encore des tas d'autres dans ma manche.

De manière générale, ma priorité éditoriale va toujours au matériel inédit. Je n'ai que 24 heures par jour donc préfère les consacrer à créer de nouveaux machins plutôt qu'à republier ceux qui sont déjà sortis. Le temps viendra certainement où je regarderai derrière moi. Pour le moment, je suis encore assez jeune pour aller de l'avant. Cela ne durera pas éternellement donc je profite.

Dernier point, je m'interroge sur la viabilité pratico-pratique d'une édition « en dur » de Dozen. Clairement, des aides de jeu en carton seraient super cool, mais ce scénario ne se résume pas à un paquet de cartes. C'est aussi pas mal de texte, dont le volume devient, extension après extension, assez conséquent. Je me demande comment, à terme, faire rentrer tout cela dans une boîte de jeu de société au format cartes ? Je me vois mal publier Dozen en sabrant ses textes. À mon sens, ils font partie de l'intérêt du scénario : un jeu de cartes expert motorisé par un système rôliste, accompagné de la grosse tartine de feedback d'après playtest. Je ne connais pas bien le marché du jeu de société, mais cela ne me semble pas si courant. Je ne veux pas perdre cette spécificité. Pour Dozen comme pour le reste de Sombre, c'est (aussi) cela qui m'éclate : publier des trucs que tu ne vois pas ailleurs.


Tu as proposé de nouveaux PJ pour Dozen. Pouvons nous espérer de nouveaux antagonistes ou de nouvelles maps ? Oui, c’est un fan qui demande.

Si c'est pour un fan, je me sens obligé de répondre ! Il est vrai que j'ai sorti quatre nouveaux PJ Dozen dans HS10, illustrés comme la douzaine du set de base par Greg Guilhaumond. Ce luxe inouï. Une illu de Greg me fait mon année. Alors quatre, t'imagines. Et oui, il y aura de nouveaux monstres pour le format rôliste, que je n'ai pas l'intention de délaisser, même si le cartiste a ma préférence. Et oui aussi, il y aura de nouvelles maps. Tout cela est bel et bien dans les tuyaux. Guette les prochains hors-séries.


Les démons sont à l’honneur dans les numéros, mais également la p'tite bourgade de Lakewood, présentée dans S8 et S10. Tu comptes la développer encore et y intégrer l'Hôtel Croix ou d'autres settings déjà sortis peut-être ?

L'Hôtel Croix, je ne pense pas car son architecture est très spécifique à la Normandie. Par contre, Ouijalloween, le scénario de S10, intègre déjà US4SQ à Lakewood. Dans ce même numéro, Paradise lake (S5) est quant à lui devenu un setting Minimax, variante qui se joue dans la forêt de Lakewood. Exactement comme mes playtests infernaux puisque j'ai réutilisé les settings Minimax pour éprouver mon roster démoniaque. Tout cela fait effectivement beaucoup de Lakewood. Il est clair que quelque chose se monte à ma table, je m'en suis rendu compte il y a pas mal de temps déjà. Ce serait bien le diable (pun intended) si cela ne finissait pas par impacter d'une manière ou d'une autre la revue.

En causant des vieux numéros, as-tu remis les pattes dans Extinction (S2) ? Jouer des scénars d’Extinction dans Lakewood serait bien trippant non ?

Je ne suis pas encore revenu à Extinction, mais ça me gratte. Je n'ai jamais pu jouer dans cet univers. C'est une frustration dont il faudra bien que je finisse un jour par me libérer. Le crossover avec Lakewood me paraît par contre assez improbable. À ma table, je veux dire. J'aurais un peu de mal à m'accommoder du grand écart thématique que cela représenterait. Extinction est marin, Lakewood forestier. Ce ne sont pas les environnements qui se marient le mieux.

Bleed de S11 est excellent. Ce scénario diceless est du concentré de Sombre. Il promet de gros moments de roleplay et des parties mémorables. Tu prévois d'en sortir d’autres de cet acabit ?

Merci pour le compliment, il me touche. La particularité de Bleed est qu'il s'agit pour l'essentiel d'une œuvre de jeunesse. Sa première version, sensiblement différente de celle que j'ai publiée dans S11, remonte à 1994. Elle prédate même ma découverte de Kult. C'était il y a presque trente ans. La nouvelle mouture, grosso merdo celle que tu as lue, date de 2005. Plus de quinze ans. Clairement, je ne suis plus le Johan que j'étais à ces époques. Il n'est pas du tout certain que je sois encore capable ou simplement désireux d'écrire ce type de scénar. Si une idée voisine me venait aujourd'hui, peut-être aurais-je plutôt tendance à essayer d'en faire une nouvelle ? Je ne sais pas. Cela n'empêche pas que j'ai pas mal de projets drama/mélo dark pour Sombre. Mais ressembleront-ils à Bleed ? Rien n'est moins sûr. Quelque part, c'est aussi bien. Refaire ce que j'ai déjà fait n'est pas le truc le plus fun du monde.


Dans S11 toujours, tu t'es fendu d’un excellent article sur la sécurité émotionnelle. Tu as eu des retours, positifs ou négatifs, dessus ? 

Strictement aucun, mais ce n'est pas étonnant. Les retours sont rares, encore plus sur les articles que les scénarios. Les scénarios, on les joue, ce qui permet de raconter leur fiction rôliste. Les articles, on se contente de les lire.

 

Vampires et prédateurs oniriques, tu as promis pas mal de choses. Comment vois-tu le futur de la revue ? Tu as encore beaucoup de matos déjà écrit à l’avance ? Tu te vois sortir encore combien de numéros sans avoir à produire de nouveaux écrits ?

J'ai effectivement de l'envie et des idées pour pas mal de numéros encore. Les vampires, j'en parle depuis l'édito de S2. Il va vraiment falloir que je concrétise. Irai-je au bout de ma démarche Sombre, je n'en sais rien. Le futur de la revue est plus incertain que jamais. Elle a survécu au Covid, mais la crise énergétique est arrivée derrière. Avec un budget loisir en diminution, les rôlistes continueront-ils à l'acheter ? Mystère et boule de gomme. Tout ce que je peux faire, c'est me défoncer pour produire le meilleur matériel possible en espérant qu'il intéresse suffisamment pour que des gens mettent encore leurs sous dedans. Les cruelles incertitudes de la créativité, particulièrement en temps de crise.

Pour ce qui est des textes d'avance, je n'ai plus grand-chose car j'ai grillé pas mal de cartouches durant le Covid. Pour pallier l'absence des conventions et festivals, annulés à cause de la crise sanitaire, j'ai publié huit numéros en dix-huit mois. La quasi-totalité du matos que j'avais sous le coude y est passée. Dans le même temps, mon rythme de playtest a sensiblement diminué. Les contraintes sanitaires ne valaient pas que pour les convs. Elles ont aussi impacté le Kitchen Club. Résultat, l'après Covid est une bataille presque aussi difficile à gagner que le Covid lui-même, ce d'autant que ces deux années de publication intensive m'ont bien usé.

La situation est si compliquée que je me serais bien passé de la crise ukrainienne. Comme tous les Européens, je pense, à commencer par les Ukrainiens eux-mêmes. Inflation ou pas, ma récupération d'après Covid s'étalera très certainement sur plusieurs années. Il va me falloir du temps pour reconstituer un petit stock de textes d'avance. Présentement, je suis à flux éditorial tendu, ce qui n'est pas confortable du tout. Il y a deux effets délétères. 

D'abord, le moindre pépin un peu sérieux, un ennui de santé ou juste des playtests plus longs que prévus, perturberait fortement la revue. Or publier à dates fixes est crucial pour 1/ gagner des sous régulièrement, et 2/ faire vivre le fanzine sur le moyen terme. Difficile de fidéliser le lectorat avec une périodicité irrégulière. Tant que je n'ai pas regagné un peu de mou éditorial, je ne peux pas non plus me lancer dans des projets un tant soit peu ambitieux, comme le fut par exemple Minimax (S10). Actuellement, impossible de m'investir dans du matos que je publierai d'ici deux ou trois ans. Je dois gérer l'urgence, qui est de cavaler derrière le prochain numéro.


Tu commences à avoir une bonne grosse communauté autour de toi, entre le forum, les réseaux sociaux et Discord. Tu as le temps de tout lire ? On te propose parfois des scénarios ou du matos qui t'intéresse vraiment ou qui, pire, te coupe l’herbe sous le pied ?

J'avoue à ma grande honte que j'ai lâché l'affaire sur les actual plays. Je fais de la veille sur Internet pour vérifier que les gens ne publient pas de vidéos d'après les scénarios officiels parce que je ne veux pas qu'ils soient spoilés sur YouTube ou ailleurs, mais je n'ai plus le temps d'écouter de longues parties de Sombre, aussi intéressantes soient-elles. Il me faudrait 48 heures par jour et au moins 36 heures par nuit. Ingérable.

Pour ce qui est des scénarios des fans, oui cela peut parfois poser problème. D'un côté, c'est super hyper méga supra cool que des gens s'emparent de mon jeu pour écrire leurs propres histoires, puis les diffusent sur Internet pour que d'autres les jouent. Je kiffe à mort. De l'autre, quand leurs productions touchent des thèmes ou des sous-genres horrifiques qui m'intéressent et que je n'ai pas encore abordés dans la revue, je tique un peu.

D'abord parce que je ne veux pas donner l'impression que je plagie. Or certains sous-genres sont très pointus. On a vite fait de retomber sur les mêmes codes et clichés. Ensuite parce que cela diminue sensiblement mon fun de création. L'un des aspects les plus cool de mon travail est d'explorer des terres narratives vierges. House of the rising dead (S1) n'est pas, loin s'en faut, le premier scénario zombies pour un jeu de rôle d'horreur, mais ce fut le premier pour Sombre. Jamais aucun autre auteur n'en avait produit un pour mon jeu. Cela a fait partie intégrante du plaisir de l'écrire et de le playtester. C'était inédit donc hyper frais donc très motivant. Refaire, fut-ce différemment, ce que d'autres rôlistes ont déjà fait avant moi l'est beaucoup moins.


"Tout ce que je peux faire, c'est me défoncer pour produire le meilleur matériel possible en espérant qu'il intéresse suffisamment pour que des gens mettent encore leurs sous dedans."


On se fait un retour sur les films ou les sons sympas qui seraient sortis récemment ? Tu aurais quoi à conseiller pour se mettre en mood Sombre ? Te sachant fan de Carpenter Brut, tu as pu mater l’excellent Blood Machines ?

Pas encore vu Blood Machines. Je suis en retard sur tout, c'est une pitié. Comme tu le sais puisque tu es abonné à la page Tipeee de Sombre, j'ai depuis peu commencé à livrer des contreparties constituées de critiques de films. Dans la dernière, je me suis intéressé à Blood Quantum de Jeff Barnaby, une apocalypse zombie en terre amérindienne qui m'a plu. Dans un registre moins sérieux et plus déglingo, j'ai kiffé Psycho Goreman de Steven Kostanski.
Régressif, nostalgique et fun. Quant à Possessor de Brandon Cronenberg, c'est un coup de cœur. Cyberpunk low-tech + horreur psychologique + sexe + gore = combo qui décape. Je l'ai vu deux fois en deux ans, ce qui est inhabituel. J'ai tellement de retard de visionnage et suis si occupé par Sombre qu'il est rare que je remate un film aussi rapidement après l'avoir vu pour la première fois. Mais là, je n'ai pas pu résister. Il est trop bien.

See ya !


Ressources


+ Commander SOMBRE

S'abonner à SOMBRE

+ La première interview sur le Blog du Visage Défoncé au Marteau

 

samedi 27 août 2022

MEN IN BLACK - TERRIENS & TRI-BARREL PLASMA GUNS

 Salut toi.


Les années passent, les étés finissent. Cette année, grâce a mes multiples soirées organisées par Les Contrées Des Jeux, j'ai enfin put mettre en oeuvre certains des projets rolistiques qui me tenaient le plus à coeur. L'un d'entre eux est l'adaptation MEN IN BLACK en jeu de rôle.

Alors oui, le jeu MEN IN BLACK existe déja. Mais c'est un vieux système (inspiré de Star Wars 2.5) et il n'était disponible qu'en anglais.

Donc, refonte complète de mon coté. Il me fallait un système simple, un monde pas trop élitiste (MEN IN BLACK, certes mais il fallait que les aliens ne soient pas trop élitistes, que les références aux films et aux comics restent sans en éloigner ceux qui ne connaissent que de loin) et une création de perso rapide à prendre en main.

Voila pourquoi le Men In Black version Groumph' est une adaptation de l'excellent Tranchons & Traquons de Kobayashi. Tu peux télécharger ce Terriens & Tri-Barrel Plasma Guns (MIB) ici !




vendredi 12 août 2022

FICHE PERSONNAGE : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX - TOLKIEN & TERRE DU MILIEU

 Salut toi.

Nouveau mois, nouvelle fiche ? 

Allons, ne fais pas ton grognon, Smeagol, cette publication va te redonner le sourire, tu va voir.

Aujourd'hui je te propose mon interprétation de la fiche de personnage pour Le Seigneur Des Anneaux, version Tranchons & Traquons avec son adaptation "Tolkien & Terre du Milieu".

C'est à télécharger ici !

See ya !




vendredi 27 mai 2022

FICHE DE PERSONNAGE : HORIZON ZERO DAWN

 Salut à toi.

Nouveau mois, nouvelle fiche j'ai envie de te dire...

Je mène des scénarios se déroulant dans le monde de l'excellent jeu vidéo HORIZON ZERO DAWN. Pour ce faire j'ai longtemps hésité entre plusieurs systèmes avant d'osciller entre F.A.C.E.S et SAVAGE WORLDS.

Pour le coté combat et tactique, j'ai opté pour ce dernier. Je te fourni donc une fiche dès fois que l'envie te prenne de brandir ton Arc De Précision Carja quelque part vers Meridian.

Le lien est ici ! 


See Ya !

lundi 25 avril 2022

LA MÉTHODE DU DOCTEUR CHESTEL : FICHE ALTERNATIVE

Salut à toi.


Les parties du mardi nous demandant fréquemment de faire des ajustement ou de compléter le matos existant, v'la t'y pas que je me fend d'une fiche pour chestel, plus moderne tu en conviendra que la fiche originale de ce superbe jeu. 
Ah, tu notes aussi quelque part dans ta tête que l'auteur du jeu, qui est très sympa et ça ne gâche rien, valide ce travail. 
Si après ça y'a pas un Dieu pour les vauriens...
Tu la trouve sur le site de la scénariotheque,ici 

See ya !

dimanche 19 décembre 2021

UN ECRAN POUR HYPERTELLURIENS

 Salut toi.

Voici un écran DIY pour le fabuleux HYPERTELLURIENS. Vu que la gamme officielle n'en propose pas, il fallait bien que je m'en fasse un.


Le visuel de l'écran

 

L'intérieur 

Une photo de l'écran une fois monté : 


Voila. Profites en bien pour t'éclater avec ce superbe jeu. Puis tant que j'y suis, bonne année, hein.

dimanche 1 août 2021

SCENARIOS SOMBRE ZERO : LE DO IT YOURSELF EN DVD !

 Salut toi.


Si tu es un peu aware du blog, tu auras remarqué le goodies Sombre de fan pour ranger le matos inhérent à INDIAN LAKE qui prenait la forme du jaquette de DVD. 
Si c'est pas le cas, tu chopes ça ici.

Je ne vais pas te détailler le jeu, tu trouveras tout ce qu'il faut sur ce formidable jeu indépendant en ligne. https://www.terresetranges.net/

Au fil du temps, Sombre (et surtout sa variante, SOMBRE ZERO) s'est enrichi de plusieurs scénarios assez excellents. Le soucis, comme d'habitude, reste le rangement du matos.

Voila pourquoi je me suis fendu du même système. Les tuiles de chaque scénario étant attachées avec des élastiques, faisant donc des "tas" séparés, rangés dans un boitier DVD.

Voici donc la jaquette DVD du premier volume de la compilation de scénarios zéro pour le jeu, recta sous ce texte.







Restant donc dans la thématique du jeu dont l'intitulé est "le jeu de rôles pour se faire peur comme au cinéma" méfies toi si tu me vois arriver a une table avec un étrange dvd dans mes affaires. C'est que la mort sera très probablement au programme !

See ya !

mardi 30 mars 2021

[SCENARIO TALES FROM THE LOOP] SOMEWHERE IN TIME

 Salut toi.

 
Comme tu l'avais compris, mes écritures rôlistes balancent ces temps-ci entre les deux prochains jeux que je vais mener, à savoir The Expanse et Tales From The Loop.

Et c'est de ce dernier dont il est question car voici un scénario avec un titre dont je ne te ferais pas l'affront de t'indiquer de quel groupe il s'inspire. Il se veut idéal pour une petite partie d'intro, sur un temps plutôt court sans trop de prise de tête.

Bref, pour télécharger SOMEWHERE IN TIME, c'est ici !

See ya !

mardi 23 mars 2021

UNE FICHE POUR THE WITCHER

 Salut toi.

Je sais pas si tu l'as lu, mais le Witcher de Talsorian game est... touffu, pour ne pas dire autre chose.

On aime ou on aime pas, ce qui est sur, c’est que la fiche du jeu elle, est carrément austère.

Voila pourquoi je t'en propose une autre, aéré et un peu plus axé sur l'imaginaire. Non parce que le système c’est bien mais faites-nous rêver, bordel de merde !



Pour la télécharger c'est ici !


See ya !

lundi 22 mars 2021

LE LINGO CEINTUR POUR LES WELWALAS

Oyè, beratna. Ta sasa le Lang Belta ? Ou bien tu n'y connais rien dans le Lingo Ceintur et tu aimerais bien maîtriser quelques bases afin de mener tes parties, coyo ?

Cette aide de jeu est censée te guider et de donner quelques infos afin de gérer les dialogues et les interaction comme un bossmang, sabe. Elle te fournit également une feuille à imprimer et a garder sous les yeux pendant tes parties, histoire de sortir au tac-au-tac des expressions et du vocabulaire commun.

Pour la télécharger c'est ici :

Odeyeng, coyo !




mercredi 17 mars 2021

TALES FROM THE LOOP : 4 NOUVEAUX ARCHETYPES

 Salut à toi.




Ouais, je sais pas si tu as lu le "fameux" TALES FROM THE LOOP mais moi, j'ai pas l'impression que les gars qui l'ont traduit aient connu ou vécu dans les années 80, époque où se déroule le jeu.

Entre les mauvaises expressions utilisées, les mauvais choix de dessin des archétypes (plus près des 90 que des 80) on est pas vraiment dans l'ambiance des enfants de l'époque. Un truc tout con, un "metalleux", à l'époque, c'était un Hardos. Nuance...

Bref, je ne compte pas remettre les pendules à l'heure, loin de moi cette idée. M'enfin pour combler ce manque de références et pour compléter également mes créations de perso, voici 4 nouveaux archétypes, certains trouvés en danois ou anglais et traduits et adaptés (sans que je retrouve les auteurs originaux) d'autres complétement originaux.

LA VICTIME DE LA MODE

LE SKATEUR

LE B.BOY

LA NOUVELLE TÊTE

 

L'exercice étant plaisant, c'est pas impossible que je te repropose d'autres archétypes pour TALES FROM THE LOOP ou son petit frère THINGS FROM THE FLOOD, pour le coup.

Aller, see ya.

dimanche 6 décembre 2020

INTERVIEW - SOMBRE STRIKE AGAIN

 Salut à toi.

Johan est un auteur de jeu de rôles indépendant et autonome. Vui monsieur, c’est tout comme je te le dis. Mais dans le monde du jdr (qui parfois se tape le coquillard de l'indépendance éditoriale et de tout ces trucs qui font réfléchir) Johan c'est surtout l'auteur de l'inénarrable et indétrônable Sombre, le jeu de rôle qui, en plus de te faire peur comme au cinéma, repense et repose les bases de ce fantastique loisir en une poignée de numéros.

Oulà, tout de suite ça en jette hein ? Ouais mais le pire c'est que c’est vrai. Encore.

Encore ? Et oui, j'avais déja eut l'opportunité de lui poser quelques questions ici, et cette occasion à été renouvelé. Voici donc notre nouvel entretien qui fut publié en premier lieu sur le Tipeee du monsieur (là : https://fr.tipeee.com/johan-scipion-raconte-sombre). Moins fun peut-être -période sanitaire oblige- mais tout aussi enrichissante, je te la livre ici :


Salut Johan. Je reviens à la charge pour te poser quelques questions concernant ce super numéro spécial Halloween confiné, à thème Halloween, prévu pour Halloween.

 Hello monsieur Groumph. Merci pour tes bons mots sur Sombre 10, et pour tes questions aussi. Toujours un plaisir d'y répondre. Allez, envoie. 

 

Tu as eu une année chargée. Un double tap au printemps, HS5 et HS6. Et là, le HS7 et le spécial Halloween, le numéro qui nous intéresse présentement, l'excellent Sombre 10. T'avais déjà connu une bonne poisse avec le premier confinement et ton calendrier Sombre, mais là, ça atteint des sommets, et personnellement je rage de ne pouvoir utiliser ce numéro pour ma soirée d'Halloween. Mais toi ça va, t'es pas trop sur les rotules ? Ça représente pas mal de taf en amont j'imagine. Comment t'es-tu organisé pour orchestrer ces quatre sorties ?

Oui, produire et publier quatre numéros l'an, même cette année qu'il n'y a pas eu de conventions, représente une quantité colossale de travail. D'autant que je ne l'avais pas prévu. Mon plan initial consistait seulement à pousser jusqu'à trois, ce qui était déjà une immense gageure. Extrêmement ambitieux, vraiment. Je ne sais pas si j'y serais parvenu car il aurait fallu que je les sorte en même temps que j'assurais les convs. L'idée était d'en publier un au printemps et deux en automne, en comptant que j'aurais le temps de finaliser ces derniers durant l'été. Tendu.

Ce plan si soigneusement ourdi a commencé à dérailler durant l'écriture de Sombre HS5, lorsque je me suis avisé qu'il appelait fortement un numéro miroir. Je voulais publier simultanément l'ensemble de mes comptes rendus de playtest d'Aliiive, un setting à la mode Frankenstein. J'y avais mené six parties, et pensais que les récits que j'en avais tirés constitueraient de précieuses aides de jeu pour l'exploiter au mieux. Or je n'avais la place que d'en caser deux dans HS5. D'où le besoin de HS6.

J'ai bossé comme un fou malade sur ce double bouclage. Ce fut hyper dur, au point que j'ai frôlé la catastrophe à la fin de l'hiver. Avec la saison des conventions qui se profilait, je voyais la crise de surmenage arriver. Paradoxalement, c'est le Covid qui m'a sauvé. Plus de conventions et plus non plus de Poste, donc activité commerciale réduite à quasi zéro. Cela m'a permis de souffler un peu et d'étaler le boulot. J'ai double bouclé tranquille, puis publié conjointement HS5 et HS6 après le confinement. Comme il n'y avait toujours aucune conv à l'horizon, j'ai directement enchaîné sur la rédaction des numéros suivants, S10 et HS7.

Second double bouclage, rude lui aussi. À cause de la canicule, cette fois. Il a fait tellement chaud que j'ai pris une dizaine de jours de retard sur mon calendrier de travail. J'ai fait le maximum, mais la température était telle que je n'avançais pas. Il a fallu que je rattrape le temps perdu. À la rentrée de septembre, c'était de nouveau tendu. J'avais la pression car mon plan machiâââvélique était de mettre en vente mes numéros Halloween au plus tard le 15 octobre, de façon à ce que les gens puissent me les acheter pour les jouer à Halloween (justement). J'ai turbiné comme un taré et ai grosso merdo tenu mes délais. Petit dépassement, rien de grave. Sauf que patatras, mon imprimeur a pédalé dans la semoule, et pris du retard à son tour. Il faut dire que lui aussi est fortement impacté par le Covid.


Au final, S10 et HS7 sont sortis quelques jours seulement avant Halloween, mais comme de toute façon, on passait dans le même temps en couvre-feu puis en reconfinement, ce retard n'avait plus aucune espèce d'importance. Quand j'ai compris qu'il n'y aurait de soirée Halloween pour personne cette année, j'ai arrêté de stresser. Pour me consoler, je me dis que Sombre ne se périme pas en quelques mois. S10 et HS7 seront tout aussi consommables pour Halloween 2021. Et 2022. Et 2023. Etc.


Le bon point du reconfinement est que la Poste fonctionne normalement, ce qui me permet de continuer à honorer mes commandes. Ces dernières semaines, j'ai pu livrer mes abonnés juste après avoir récupéré mon stock chez l'imprimeur, puis ai enchaîné avec les précommandes. Au moment où j'écris ces lignes, j'en suis à préparer et poster les commandes ordinaires. Business quasi as usual, ce qui est un soulagement. La différence avec 2019 bien sûr est que je n'ai fait aucune promo live. Pas de soirée de lancement, pas d'animations, pas de tournée de démos en festivals ou conventions. Tout par le Net.


Telle une mauvaise pandémie de Série Z, le Covid n'a pas épargné Sombre. Le voilà maintenant de retour. Tu as prévu quoi pour y faire face ?


J'ai établi un plan parce que si tu n'as pas de plan, sûr et certain que tu vas dans le mur. Bon, si t'en as un, tu peux quand même te prendre le mur, mais y'a une micro chance que tu aies prévu un airbag du bon côté de la bagnole. C'est un peu ce qui m'est arrivé. Avant la crise, j'avais déjà un plan sans accroc. Comme je l'ai expliqué au printemps sur les forums rôlistes et les réseaux sociaux, j'étais entré depuis plusieurs mois dans une dynamique de sauvetage de la revue, qui amorçait sa phase descendante. Sombre dure (17 numéros, tout de même) avec pour conséquence quasi inéluctable que ses ventes s'essoufflent. Comme j'ai envie de continuer à produire ce fanzine qui me passionne, j'ai longuement ruminé un plan B à base d'abonnements et d'augmentation du nombre de publications, d'où mon projet initial de trois numéros annuels en 2020. J'avais tout bien planifié, et lancé le début de ma promo... pile-poil pour le début du premier confinement ! Timing de malade.


Le Covid m'a complètement pris de cours. Français moyen que je suis, j'avais gobé tout cru le « Pas de panique, ce n'est qu'une grippette ». Forcément, le virus m'a éparpillé façon puzzle. J'ai profité du confinement pour me regrouper, réfléchir et me renseigner. Je ne suis ni virologue ni épidémiologiste, et ne connais rien à la médecine. Mon champ d'expertise, c'est l'écriture et le game design. Pour paraphraser Don Salluste, je suis rôliste, je ne sais rien faire. Donc j'ai cherché des infos sur le Net. La vache, c'était super pas facile ! Cette cacophonie médiatique, quelque chose de bien. D'un côté, les scientifiques qui avancent au rythme de la science, assez lent. De l'autre, la patate de journalistes, pas forcément plus aware que moi, qui tendent le micro à un peu tout le monde, et surtout n'importe qui. Ce vieux bordel, putain.


J'ai essayé de faire le tri, et ce que j'ai réussi à comprendre, c'est qu'on partait sur quelque chose qui avait de bonnes chances de ressembler au déroulé de la grippe espagnole. Une crise sanitaire qui durerait entre 18 et 24 mois. On était début 2020. Je me suis dit, on en a encore au moins jusqu'à mi-2021, plus probablement début 2022. Du coup, mon challenge Sombre actuel, c'est ça : tenir deux ans. Réussir à faire survivre la revue jusqu'à la sortie de crise, sans conventions et probablement sans beaucoup de playtests. Ardu de chez ardu.


Pas de conventions veut dire beaucoup moins de ventes directes (en circuit court, ne reste que la VPC aux particuliers). Or ce sont elles qui, en l'absence de tout intermédiaire, me rapportent le plus, et donc me font vivre. Peu de playtests signifie que je ne suis plus en mesure de développer et finaliser du matériel prêt à jouer. En clair, deux ans sans pouvoir produire de nouveaux scénarios, aides de jeu ou settings. C'est chaud de chaud quand tu publies un jeu de rôle sous forme de revue
.

Ma chance dans tout ce merdier est que je bosse avec sérieux. Ces dernières années, j'ai mis un peu de matos de côté parce que j'étais conscient que n'importe quel accident personnel, un problème de santé un peu sérieux par exemple, pouvait faire dérailler mon planning de publication. Je m'étais donc constitué une épargne Sombre pour amortir ce genre de mauvaises surprises. Un bon point déjà, les playtests de S10 et HS7 étaient achevés longtemps avant le premier confinement. HS5 et HS6 étant quant à eux en bouclage, je savais d'emblée que je pourrais assurer mes quatre numéros de 2020. Pour les premiers de 2021, j'ai également ce qu'il faut. Le matos est playtesté, mais rien n'est finalisé encore. Je suis en ce moment en pleine phase d'écriture. C'est ensuite que ça se complique.


Mon idée était de repartir fin 2021 sur du Classic au format long, parce que je suis bien conscient que cela manque à la revue. Au vu de la situation actuelle, je ne sais pas si cela sera possible. En ce moment, je ne suis pas en capacité d'écrire et playtester un scénario du calibre de House of the rising dead (S1) ou La nuit sans été (S7). J'ai des idées, mais à raison de quatre bouclages par an, pas le temps de les coucher sur papier. Et je ne peux pas non plus rassembler chez moi les joueurs dont j'ai besoin pour les playtester. J'ai mené entre les deux confinements, mais moins souvent que d'habitude, et avec 3 joueurs seulement. À plus dans ma cuisine, le concept de distanciation sociale vire à la grosse blague. Or les scénarios Classic que j'ai en tête nécessitent au moins 4 joueurs.

J'ai donc modifié les présommaires de mes futurs numéros. J'ai quelques petits scénars sous le coude, qui pourront me dépanner. Ensuite, soit la crise s'éternise, et je serai peut-être contraint de publier des numéros sans matériel prêt à jouer, donc constitués essentiellement d'articles et de comptes rendus. Soit elle est un peu raccourcie par le déploiement efficace du vaccin qui va bien, et il se peut que j'arrive à faire la jointure. Mais même dans ce cas, cela va être tendu parce qu'à raison de quatre numéros par an, mon stock de matos d'avance est déjà en train de fondre comme neige au soleil. Or réamorcer la pompe à playtest va me demander pas mal de temps, surtout si les convs finissent par reprendre en parallèle (ce que je souhaite).

Dans tous les domaines de mon activité, le Covid se traduit par une énorme cassure. Je m'efforce de limiter autant que je peux les dégâts, mais sais que bien négocier le virage de sortie sera tout aussi difficile que gérer la crise elle-même. J'anticipe une période de transition assez longue et plutôt inconfortable avant un retour à la normale, si retour il y a. Je ne sais pas du tout si, à terme, je vais retrouver une situation comparable à celle de 2019. Autant de conventions ? Autant de festivals ? Autant d'animations ? Rien n'est moins sûr.
 

Le scénario du numéro 10, parfaitement calibré pour une ambiance Halloween, le très bon Ouijalloween, est probablement l'un des meilleurs que j'ai lu pour le jeu. Il surpasse pour moi en ambiance et en qualité ce que je n'espérais pas voir dépasser un jour, le déjà très bon La nuit sans été (S7). Pourtant, si j'en crois que ce que tu écris, et contrairement à House of the rising dead (S1) par exemple, ce scénario a été plus rapidement testé, pensé et publié. Tu nous racontes sa genèse et ses influences ?


Oui, ce fut plus rapide. D'abord parce que La nuit sans été s'appuie sur une aide de jeu drama (le story deck) qu'il m'a fallu préalablement développer et caler, ce qui fut très long. Ensuite parce que pour Ouijalloween, je ne suis pas parti de rien. À l'origine, il y a un quickshot. C'est ainsi que j'appelle les parties de Sombre improvisées d'après un brainstorming avec les joueurs. J'en ai mené plus d'une centaine depuis que j'ai commencé à playtester sérieusement. Fut un temps, je le faisais régulièrement en convention. Ces dernières années, j'ai levé le pied. Enchaîner un marathon de démos flash en journée du samedi + un quickshot nocturne de plusieurs heures + un second marathon flash le dimanche, est tout bonnement épuisant. Cela me met sur les rotules pour plusieurs jours, et vu que ma charge de travail a en parallèle beaucoup augmenté, je ne peux plus me le permettre. Avec le temps, les quickshots se sont donc faits rares à ma table en convention. Je les réserve en priorité aux playtests dans ma cuisine et aux animations chez des particuliers.

Fin 2016, je me retrouve à participer à la RJDRA, une convention qui se veut l'héritière spirituelle de la défunte et mythique CJDRA. Comme elle se déroule tout près de chez moi, ce qui minimise grandement la fatigue (pas de long voyage en train), et que j'ai vraiment envie de renouer avec mes habitudes de la CJDRA, je me décide pour un double programme flash en après-midi + quickshot pas trop long en soirée. Ce n'est guère raisonnable parce que je suis dans une phase de gros taf, donc super fatigué. Mais bon, la CJDRA quoi. Malgré que tout soit contre nous (créneau nocturne super tardif, température polaire, meneur à la ramasse, recrutement approximatif), la partie est très réussie.

On produit une impro teen horror à thème Halloween sur fond de maison hantée. C'est classe, et sans que je l'aie le moins du monde prémédité, satisfait l'une des mes plus anciennes envies concernant Sombre. Depuis plusieurs années, je veux écrire un scénario Halloween parce que cette fête est une super opportunité pour l'horreur. C'est un moyen idéal pour faire entrer le genre dans la vie de gens qui ne s'y intéressent pas. Un peu comme moi et le folklore de Noël. Santa, sa femme et leurs elfes polaires me glissent dessus d'une force de taré. N'empêche que j'ai vu un certain nombre de films sur le sujet. On les diffuse massivement à la télévision durant les fêtes de fin d'année.


Pareil pour Halloween. Il existe tout un sous-genre cinématographique dédié. Des films plus ou moins horrifiques à thème Halloween qu'on regarde à Halloween. Je voulais un truc de cet ordre pour Sombre : un film d'horreur imaginaire à thème Halloween qu'on jouerait à Halloween. T'es fan de Sombre, t'as toute la collec' chez toi, mais tes zines prennent la poussière parce que tes potes ne jurent que par le med-fan. Miskine. Heu-reu-ze-ment, y'a Halloween, cette nuit durant laquelle l'horreur devient subitement cool. Les mêmes qui conchient le genre à longueur d'année sont les premiers à vouloir se déguiser en zombie. Faut en profiter ! C'est l'occasion rêvée de proposer une partie de découverte de Sombre. A priori n'importe quel one-shot de quelques heures peut faire l'affaire, mais s'il est à thème Halloween, cette mise en abîme toute simple risque bien de bonifier la partie. Sans que tu n'aies encore rien fait, tes joueurs sont déjà dans le bon mood.


C'est pour cela que j'en suis venu à convertir mon quickshot en scénario prêt à jouer. Très intéressant travail d'adaptation. J'avais déjà fait quelque chose de cet ordre pour Deep space gore, l'Alien-like que j'ai publié dans Sombre 3, mais ce portage-là avait été moins direct. Si j'avais effectivement tiré de trois improvisations la base de ce scénario flash, c'était surtout une question d'habillage, la structure narrative étant très différente. Entre trois longs quickshots Classic et un scénario Zéro en 15 minutes chrono, rien à voir. Pour Ouijalloween par contre, l'adaptation a été bien plus fidèle. Le scénario publié dans S10 est très proche de l'improvisation qui l'a inspirée. On peut d'ailleurs le vérifier en lisant HS7 puisque j'y ai publié le compte rendu de ce fameux quickshot de 2016.


Le setting US4SQ est très rafraîchissant et dénote à mon sens dans la « Sombrothèque » de par son ambiance, et même ta façon de rédiger le truc. Qu'est-ce qui t'a poussé à développer ce matos ?


Depuis 2012, j'utilisais en quickshot les plans de House of the rising dead, le scénario d'apocalypse zombie de Sombre 1. Quand les joueurs brainstormaient une maison, c'était souvent dans la ferme de House que nous nous retrouvions à jouer. J'avais un peu repris les plans publiés dans S1 pour les rendre génériques, c'est-à-dire que j'avais gommé toutes les particularités liées à mon scénar zombie. Cette version est d'ailleurs disponible dans HS7. Je l'y ai incluse en illustration du compte rendu de Ouijalloween. Elle est très fonctionnelle, mais pas idéale. J'aspirais à une architecture et un rendu graphique plus proches de ce qu'on voit dans les films d'horreur, ceux de Wes Craven notamment.


Tandis que je retravaillais Ouijalloween (le compte rendu de quickshot) pour le transformer Ouijalloween (le scénario Zéro), j'ai décidé de refaire les plans. Je me suis renseigné sur les pavillons de banlieue américains, et ce que j'ai trouvé m'a bien plu. Cela m'a mis les neurones en ébullition. J'ai gribouillé de nouveaux dessins, bossé les descriptions idoines, et mené quelques courtes impros dans ce décor, histoire de le playtester dans un autre contexte que Ouijalloween. J'ai d'ailleurs reproduit le compte rendu de l'une d'elles dans HS7. Elle fut très cool, ce qui m'a incité à saisir l'opportunité que m'offrait S10. Dans ce numéro, je pouvais facilement pousser ce petit décor urbain jusqu'à en faire un vrai setting séparé. Cela faciliterait sa réutilisation à la table des autres meneurs de Sombre, comme je l'avais fait moi-même durant mes playtests. Donc plutôt que de l'inclure dans Ouijalloween, je lui ai carrément consacré un article, auquel j'ai fait référence dans le scénario.


Le thème teen horror, annoncé en couverture, est parfaitement respecté pour ce numéro car tu enchaînes avec la variante Minimax. Alors que Sombre Max n'a pas réussi à me hyper plus que cela, je dois bien avouer que Minimax par contre, c'est grave ma dose. Qu'est-ce qui a motivé la création de cette variante et pourquoi partir de Max plutôt que de Classic ou de Zéro ?


Au cœur du truc, il y a que j'apprécie énormément les personnages enfantins. Quand tu donnes à jouer des gamins, il ne faut pas pousser beaucoup pour les mettre en position de PJ-victimes. Or c'est ce que je recherche dans le cadre de Sombre. Ma première tentative en la matière fut Les Grimmies, le scénario contes de fées de Sombre 6, dans lequel le cast est constitué d'enfants piochés dans les contes des Grimm et de Perrault : le Petit Poucet, le Petit Chaperon rouge, Hansel et Gretel. J'adore ce scénar, au point que depuis sa publication, j'avais envie de creuser la formule. Pas nécessairement le conte de fées dark, quoiqu'il s'agisse là aussi d'un sous-genre que j'affectionne, mais la prémisse des PJ enfantins. Un projet parmi d'autres, sans garantie qu'il voie jamais le jour parce que des idées comme ça, j'en ai plein mes cartons.

Sauf qu'à l'été 2018, je me suis planté en imprimant des cartes pour The Darkly Dozen, le scénario Max façon Magic paru dans Sombre HS4. Il m'éclate tant qu'après sa publication, j'ai continué à produire de nouvelles cartes pour l'enrichir. Deux extensions sont déjà sorties, dans HS6 et HS7, et ce n'est qu'un début. Pour tenir la cadence, je le playteste intensivement, ce qui me conduit à réimprimer souvent mes aides de jeu. Des cartes donc. Sauf que cette fois-là, je me goure. Au lieu de les sortir en taille normale, je les imprime en tout rikiki. kiffant. La vache, ce format est super sympa ! Je découpe ces minicartes, et constate qu'il est très agréable de les manipuler. Ça me plait de plus en plus, je voudrais en faire quelque chose. Mais quoi ?

Je n'ai pas besoin d'un nouveau système Sombre. Dans la catégorie aides de jeu minimalistes + procédures simplifiées, j'ai déjà Zéro, qui répond parfaitement à mes besoins. Développer un nouveau bloc de règles dans le même goût serait très redondant. Pourtant, j'ai grave envie d'utiliser ces minicartes. Leur taille me fait tilt : les petites cartes sont pour les petits personnages, c'est-à-dire les enfants. C'est de cette bête association d'idées que tout le reste a découlé. Elle s'est super bien emboîtée avec Max, système qui postule des protagonistes plus costauds que les victimes standard de Sombre. On ne peut pas one-shoter un PJ Max. Il me semblait que c'était très adapté aux enfants. Dans les films d'horreur aussi, ils ont tendance à être endurants. Pas qu'ils soient badass, plutôt qu'ils bénéficient d'une certaine dose d'immunité scénaristique. Ce code essentiel se trouvant fort bien relayé par Max, il s'agissait donc de produire une sous-variante. Je m'y suis collé. Elle m'a occupé une bonne partie des derniers mois de 2018 et des premiers de 2019.


Les Goonies, Stranger Things, Tales from the Loop, est-ce que Herr Scipion ne succomberait pas à la sirène de la mode en versant dans les scénarios et les mondes mettant en scène des ados ?


Complètement, et ce n'est pas d'hier. Je veux dire, si House of the rising dead parle de zombies, c'est déjà un pur effet du zeitgeist. Quand je l'ai écrit, il y a dix ans, on était en pleine déferlante mort-vivante. Cela commence à se calmer, je trouve, mais à l'époque, on bouffait du zomblard à toutes les sauces. Forcément, cela m'a donné des envies et des idées. Difficile de ne pas être de son époque, surtout quand on fait l'effort de se tenir au courant des évolutions de la culture populaire, en particulier horrifique. Je mate des films, des séries, lit des bouquins, des bédés, dans le seul but de ne pas être trop largué. La culture pop avance à 200 à l'heure, tu l'auras sans doute remarqué.

 



Clairement, si j'ai tilté sur la combo Max + minicartes Dozen + PJ enfantins + eighties, c'est parce que j'avais vu les premières saisons de Stranger Things et Dark, ainsi que le premier volet du Ça cinématographique. L'air du temps, qui faisait écho à mes lectures adolescentes, Stephen King en particulier. Ça justement, l'une de mes grosses claques littéraires de jeunesse. Tales from the Loop par contre, pas trop. Je ne l'avais pas lu lorsque je me suis lancé dans Minimax, juste entendu parlé (j'ai rattrapé mon retard par la suite). Little Fears en revanche, oui. Je connais et apprécie ce jeu depuis sa première édition.



Bon, c'est moi ou ça fait plusieurs numéros que tu te rends compte que tu es devenu un sale vieux qui écoutait Scorpions dans les années 80 en jouant à Kult ? Plus sérieusement cette époque te manque réellement ?


Ah oui mais non, je m'insurge : je préférais Def Leppard. Quant à Kult, ce fut plus tardif, dans les nineties. Le jeu est sorti chez nous en 95, j'étais alors jeune adulte. Dans les années 80, encore ado, je jouais à Chill. Première édition, oui monsieur. Pour être honnête, je ne suis pas terriblement nostalgique de cette époque. Je veux dire, pas au-delà de ce qu'on peut attendre de n'importe quel adulte. Ouais j'étais jeune, et maintenant je suis vieux, mais ma vie d'aujourd'hui est vachement plus cool que celle d'alors. Du coup, je n'ai trop rien à regretter. Bon okay, j'avais des cheveux et de meilleurs yeux. C'était agréable. À part ça, c'est bien mieux d'être old Johan maintenant que d'avoir été teen Johan à l'époque. Y'a carrément pas photo.

Par contre, j'aime d'amour la culture horrifique eighties. En littérature comme au cinéma, cette période est super intéressante. Riche, originale, inventive, foisonnante. Comme les seventies d'ailleurs, autre âge horrifique faste. Pour le coup, aucune nostalgie dans l'affaire. Que du factuel. Il se trouve juste, mais c'est une coïncidence, que j'ai commencé à me forger mes goûts et ma culture à cette époque. Pour une fois, un vrai bon timing.

Fondamentalement, je ne surkiffe pas The Thing parce qu'il est sorti lorsque j'étais ado, je le surkiffe parce que c'est un chef-d'œuvre. Idem pour Hellraiser ou, en ce qui concerne la décennie précédente, L'Exorciste et Massacre à la tronçonneuse. Que je n'ai vus, eux, que bien après leur sortie ciné. Pour ceux-là, j'étais vraiment trop petiot. Après tout ce temps, je trouve ces films toujours aussi excellents, alors qu'il y en a plein d'autres de leur époque que je n'ai aucune envie de revoir. Eux restent pertinents, et ça aussi, c'est factuel. La meilleure preuve est qu'ils continuent d'être abondamment copiés, au point que certains ont engendré des franchises encore vivaces (et très inégales, certes), voire des sous-genres à part entière (dans lesquels mon travail sur Sombre s'inscrit en plein).


Tu comptes développer d'autres settings historiques ?


Je n'en sais rien. J'ai toujours envie de décors de jeu, pas trop gros si possible, sans que je puisse dire exactement vers quoi me porteront mes prochaines inspis. Il y a bien sûr Lakewood, le setting moderne (mais pas forcément contempo) dans lequel s'inscrivent Camp Indian Lake (S8) et Minimax (S10). Il bourgeonne pas mal à ma table en ce moment, mais pour celui-là comme pour d'autres, c'est beaucoup une question de playtest. J'ai développé Indian Lake et Aliiive (HS5) par le jeu, et ne conçois pas de faire autrement pour mes prochains décors. Sauf qu'en ce moment, ce n'est pas trop la fête du Kitchen Club. Je verrai bien où j'en serai lorsque mon activité ludique aura repris son rythme de croisière.

Sombre 10 (et dans une moindre mesure HS7) sont, je crois, les premiers numéros à avoir besoin, pour que leur compréhension soit complète, d'être accompagnés de la lecture d'anciens numéros, notamment S9, S8 et S5. C'était une volonté de ta part ? Il me semble que c'est quelque chose que tu évites de faire en temps normal, non ?

Oui, tout à fait. Enfin, ça dépend. J'ai depuis longtemps acté qu'il y avait, parmi les numéros réguliers, des livres de base (S1, S6 et S9) et des suppléments. Donc quand on achète l'un des seconds, il faut aussi acquérir au moins l'un des premiers. Comme dans toute gamme rôliste, en fait. Tu choppes une campagne, un sourcebook, ou un recueil de scénars, il te faut le bouquin de base pour le faire tourner. Normal. Pour exploiter S10, tu as donc besoin des règles qui se trouvent dans S6 (Ouijalloween est un scénario Zéro) et S9 (Minimax est une variante Max). Jusque là, pas de scandale.



En revanche, je suis très réticent à obliger le lecteur plus ou moins occasionnel à acheter un supplément régulier pour pouvoir profiter pleinement d'un autre supplément régulier (pour les hors-séries, c'est autre chose puisqu'ils s'adressent aux hardcore fans, par définition complétistes). Mais avec S10, j'ai été contraint d'y venir. La faute à la continuité. Comme je te le disais, Lakewood, cette petite bourgade (fictive) du trou du cul forestier des États-Unis, commence sérieusement à pousser à ma table. C'est tout aussi organique qu'imprévu, simple résultat du playtest intensif. Cela a commencé tandis que je menais Indian Lake, le camp de vacances de S8. J'y ai joué des scénarios, publiés eux aussi dans S8, puis une campagne, que j'ai racontée dans HS3. Et des one-shots par-ci par-là. De plus en plus souvent, la cabane au fond des bois de S5 ne se trouvait plus sur la rive de Paradise lake, mais sur celle d'Indian Lake. Tant et si bien que lorsque j'en suis venu à playtester Minimax, Lakewood s'est imposée comme une évidence.



Pour les besoins de cette variante, j'ai développé (par le playtest) quatre nouveaux settings, un cimetière de voitures (version avancée de celui de S4), une scierie abandonnée, une gare désaffectée et une mine inondée, tous publiés dans S10 avec les plans et les descriptions qui vont bien. Pour des raisons ludiques, il m'en fallait six. Très naturellement, le summer camp et la cabane au fond des bois les ont rejoint. Tout cela s'emboîtait super bien. À ma table, c'était classe. Dans le cadre de la publication de Minimax, la question était de savoir comment traiter les deux settings récupérés dans de précédents numéros ? Devais-je reproduire leurs plans ? J'ai décidé que oui. Ils sont donc dans S10, dans des versions légèrement retouchées par contrainte de format. Devais-je également reproduire leurs descriptions, sachant que pour le camp, cela prendrait au moins six pages, et pour la cabane, deux ?


Je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais S10 est plein comme un œuf. Dans ce numéro, pas beaucoup de blancs en bas de page. Cela voulait dire que pour caser mes huit pages supplémentaires, je devais faire sauter un texte. En clair, ce copier/coller m'aurait coûté un compte rendu Minimax. J'ai décidé que je préférais un CR de plus. Qu'il y en ait un ou deux ne changerait rien pour les lecteurs qui m'achèteraient S10 et HS7 parce qu'en cumulant les deux zines, ils disposeraient de toute façon de l'intégralité des comptes rendus Minimax, que je juge fortement utile à qui veut exploiter cette variante. Ceux par contre qui n'achèteraient que S10, et il y en aurait pas mal (les hors-séries sont moins appétants pour les lecteurs occasionnels), ne pourraient lire qu'un seul compte rendu. Je pensais que ce serait un peu juste, donc je me suis dit, la cabane peut se passer de description. T'as vu Evil Dead, t'es au parfum. Le plan suffit. Pour le summer camp par contre, c'est plus chaud. Mais si tu ne possèdes pas S8, tu l'écartes simplement de tes parties Minimax. Il te reste cinq décors jouables, dont quatre décris dans S10, ce qui est plus que fonctionnel, confortable.


Enfin, dernier argument et pas des moindres, j'étais également très réticent à [re]vendre à mes lecteurs les plus fidèles huit pages qu'ils avaient déjà achetées. Minimax est publié dans le dixième numéro régulier de la revue. On se doute qu'à ce stade, la plupart des clients le sont de longue date. Je veux dire, si demain tu te lançais dans Sombre, tu taperais d'abord dans les livres de base et les petits numéros. S10 ne serait pas ta priorité. Que chaque régulier soit indépendant était plus important au début de la gamme. J'en arrive à un point ou la continuité d'un numéro à l'autre n'est plus aussi problématique en termes éditoriaux. Et comme elle tend à s'imposer fortement au niveau ludique, je m'y abandonne. Je suis très loin d'une storyline à la White Wolf, mais un peu de liant me fait plaize. Cette continuité Lakewood est tellement fun à jouer et à écrire que je m'en voudrais de la censurer dans le zine.


Si tu voulais donner une bande-son pour la lecture de Sombre 10, ce serait quoi ?


Question cool parce qu'en général, on ne s'intéresse pas trop à la bande son de lecture. Les demandes portent plutôt sur celle de jeu. Dans les deux cas, je n'ai malheureusement guère de conseils précis à donner, car pour lire aussi bien que jouer, ma préférence va au silence. Mais à vue de pif, je dirais que n'importe quoi avec du Carpenter dedans, que ce soit du John ou du Brut, devrait faire l'affaire. De la synthwave, mais dââârk nom de Dieu.



Depuis la parution de Max, tu sembles friand de matos pour cette variante précisément. Est-ce que Zéro et même Classic sont appelés à ne plus connaître de matos ?


Non pas du tout. J'ai effectivement consacré 2019 à Max parce que je pensais que si je voulais donner une vraie chance à ce système Sombre, il fallait que je propose d'emblée pas mal de matos dédié. En l'occurrence, un bloc de règles, un article de conseils de maîtrise et trois scénarios. C'est comme quand, dans un jeu de cartes à collectionner, tu décides, après plusieurs extensions, d'introduire une nouvelle faction aux mécaniques spécifiques. Direct faut cracher la patate de cartes parce que sinon, elle ne sera pas jouée. S'il n'y a pas assez de choix tout de suite, les joueurs préféreront en rester aux anciennes factions, qui disposent chacune d'un pool de cartes déjà important.

Il se trouve que j'ai renchéri avec une variante Max en 2020, mais ce n'était pas prémédité. Pur accident créatif, comme je te l'ai expliqué. Pour être juste, j'ai quand même livré pas mal de matos Zéro en parallèle, un setting dans HS5 ainsi qu'un scénario dans S10. J'aurais certes pu repousser la publication de Minimax, mais ne l'ai pas fait parce qu'il s'emboîtait trop bien avec Ouijalloween. Quand j'ai tilté sur la possibilité de sortir un numéro spécial [pre]teen horror, j'ai sauté sur l'occase. C'était pur cool.

En dehors de cela, le challenge reste toujours le même, développer tous les systèmes Sombre en parallèle. Le défi existe depuis S2, dans lequel j'ai publié la toute première version de Zéro. Il devient de plus en plus ardu à mesure que le nombre de systèmes augmente. Chaque zine ne comporte que 72 pages, et même à raison de quatre par an, le volume de texte global reste limité. Par ailleurs, avant de publier quoi que ce soit, il faut le playtester, et le playtester bien. Pour mes productions les plus ambitieuses narrativement et techniquement, catégorie à laquelle appartiennent pas mal de mes projets Classic, cela prend énormément de temps. Or si je veux que ma revue perdure, il faut aussi que je me tienne à des dates de parution régulières et des sommaires un minimum cohérents. Je dois arbitrer tout ce bordel, avec par dessus le marché, les contraintes fortes induites par le Covid. Pas le truc le plus fastoche du monde, on va dire.


Je te laisse conclure.
 

Sombre c'est bon, mangez-en.


Ressources


+ Commander SOMBRE

S'abonner à SOMBRE

+ Conseils d'achat SOMBRE

+ La première interview sur le Blog du Visage Défoncé au Marteau