Blog chaotique à la mise à jour aléatoire.


On y cause de
Métal sous toutes ses formes, d'ambiance d'apocalypse, films, séries, jeux de rôle et jours de colère...

lundi 12 décembre 2011

Bonded By Blood // Feed The Beast


BONDED BY BLOOD.


Putain, au moins, ce nom a le mérite de ne pas prêter a la confusion. En effet, cette formation, héritière d’ EXODUS –forcément- nous sert avec « Feed The Beast » un bon gros Thrash, bien élaboré et efficace sous couvert d’une cover apocalyptique.

Du coup, forcément, je me sert une "Fin du Monde" pour m'écouter ce truc.

On s’y attend, mais ça fait quand même bizarre de se retrouver avec un tel clone d’ EXODUS. Thrash jusqu'au bout du manche, BONDED BY BLOOD n’entend pas prêter a la confusion. Si le vocaliste, reste dans des domaines très aigus, les structures de compositions ne démentent pas l’origine du combo.

Le truc bien sympa c’est que la formation essaye de rester la plus honnête possible. Si la batterie est toujours au taquet, («  Necropsy », «  Immortal Life ») les envolées de solos sont vraiment travaillées dans l’optique de vraiment faire tripper l’auditeur («  Feed The Beast », «  Necropsy », «  Mind Pollution », «  Another Disease »).

Alors du coup, tant pis si les compos sont parfois un peu attendues au tournant et ne surprennent pas vraiment l’auditeur. De toutes façons, on est pas là pour ça, mais plutôt pour headbanguer comme des malades avec des riffs surpuissants qui décalottent ton cousin Martin («  Psychotic Pulse », « Mind Pollution », «  Immortal Life ») menés par une batterie implacable et réellement efficace, qui fait clairement penser a une machine de guerre tant elle semble instoppable («  Mind Pollution », «  Self Immolation »), le tout restant très agressif, grâce a cette voix si particulière, même si celle-ci est un peu a coté parfois (« The Evil Within », « Tormenting Voices »), mais ne crachons pas dans le pit, tout cela est vraiment appréciable.

Bref, tu l’auras compris, un opus que tous les fans de Thrash ou headbangueurs devraient se procurer impérativement.

On notera au passage l’amusant morceau intitulé «  Theme from Teenage Mutant Ninja Turtles », reprise, je pense, du générique du dessin-animé. Qu’est ce je touche ma balle en anglais, alors.

Parfois je m’épate moi-même…

note 15/20


vendredi 9 décembre 2011

HELLIXXIR // War Within


Né en 2001, le groupe Grenoblois HELLIXXIR mélange habilement un style Heavy Metal avec une sonorité et une agressivité bien plus proche du Thrash Metal.


Si en 2003 leur premier Ep « The Cypress Forest » n’avait pas fait énormément de remous, c’est après un changement conséquent de Line-up que le groupe nous livre aujourd’hui son premier album. 

Et il est intéressant a plus d’un titre. 

Déjà parce qu’un changement de Line-Up peut toujours s’avérer casse-gueule. Ensuite parce que ce « War Within » est présenté comme un album-concept abordant le thème d'un comportement humain malade. Immersion dans un monde chaotique dans lequel chaque individu est contaminé par un parasite, le rendant totalement imprévisible, irrationnel et violent. A demi conscient, l'Homme s'interroge peu à peu quant à ses actes et son avenir, déclenchant ainsi un véritable combat intérieur

Mouais bon ceci étant dit, je m’ouvre une Hoogarden pour m’écouter ça.

« Childhood’s Trouble » introduit l’album d’une façon singulière. Non que cette musique –un air de guitare sèche qui explose brutalement – ne soit pas a la hauteur. Bien au contraire, c’est un air sombre qui colle parfaitement a l’opus mais les carillons qu’on entend sonner dans le vent en fond donnent à cet instrumental d’introduction (et donc a l’album) une très bonne ambiance, très marquante et qui colle a « War Within ».

« Mr Hyde » démarre sur des chapeaux de roues. Des riffs agressifs, une batterie calculée, le mélange prend rapidement. Puis la voix de Julien TOURNOUD débarque. Une voix très claire, très a l’opposé de la musique qui l’accompagne. Au début cette voix m’a déstabilisé mais au final je la trouve très bien a sa place. Pour le refrain, des chœur masculins se joignent a la voix ce qui donne l’effet d’un foule scandant les paroles, toujours accompagné par une mélodie insidieuse. Le tout est très efficace.

La formation l’a d’ailleurs bien comprit puisque les deux morceaux suivant « Of Rage and Violence » et « Introspection » surfent sur le même modèle, rajoutant tantôt de la mélodie, tantôt des airs orientaux.
La balade de la galette se nomme « Tears of the Christ », entre guitare sèche et chant lyrique, le morceau reste empreint de cette ambiance palpable que l’on ressent depuis le début. Plus encore, le morceau marque un virage sombre dans l’opus : tous les titres suivants sont bien plus violents et sombres que ceux du début, comme si tu venais de franchir un point de non-retour.

L’instrumental « Ad Infernum » ne fait qu’accentuer cette impression car il introduit le très bon « Hellhound », un morceau dense, violent et très efficace. Mon morceau préféré pour ce qui me concerne, bien que j’apprécie également beaucoup le morceau suivant « Circle Of Infinity » et ses riffs brutaux. 
« Corpus Morbidum » est un morceau d’ambiance où des chœurs entonnent ce qui pourrait ressembler a un chant religieux, avec toujours cette bonne ambiance qui colle a l’opus.

« Reincarnation » calme un peu le jeu en se rapprochant un peu de ce qu’on pouvait trouver dans le début de l’opus, en bien plus sombre cependant, alors que « Adeu » conclue l’album comme il avait commencé, un air sombre de guitare sèche.

Cet album est donc intéressant a plus d’un titre, certes, mais il possède également une ambiance unique. La voix de Julien TOURNOUD, rappelant par moment celle de Doug Lee dans MEKONG DELTA teinte l’œuvre du groupe d’une couleur rouge et ésotérique. Ajoutée aux ambiances religieuse et orientales (rappelant évidemment les ORPHANED LAND) ponctuant l’album et a ses riffs sombres, tout cela contribue a faire de ce « War Within » un album fort, a découvrir de toutes urgences.

note:17/20

mercredi 7 décembre 2011

DOWN // Over The Under


DOWN représente pour beaucoup la quintessence du genre. Sans concession, sortant un rare album de temps en temps, ne donnant des news que quand les concerts s’ammorcent et quand c’est le cas ne font qu’une poignée de dates.

DOWN c’est aussi une formation expérimentée, avec des membres de CORROSION OF CONFORMITY, CROWBAR ou encore bien entendu les mythiques PANTERA.

Avant ce « Over The Under », DOWN nous avait gratifiés de deux opus excellents, NOLA aux airs bluesy et lourd a souhait enregistré sur le tard et sur pression de l’entourage du groupe et le « A Bustle In Your Hedgerow » bien plus ancré 70’s enregistré en un temps minimum par un groupe enfermé en studio n’ayant fait aucun préparatif pour l’enregistrement. Comme les deux autres opus de DOWN, ce « Over The Under » a sa propre histoire…

Parce que, depuis la dernière apparition de son leader Phil Anselmo, il s’en est passé des choses. Je parle bien entendu de la mort de Dimebag Darrel, mais aussi de Katarina l’ouragan dévastateur qui ravagea la Nouvelle-Orléans. Les compos ont donc été énormément travaillées, pensées et pesées pour l’enregistrement. C’est peut être finalement le premier véritable album de DOWN pensé pour l’enregistrement.

Et rapidement, on voit que le ton n’est pas a la haine mais plutôt au désespoir, a la lourdeur du propos. Clairement, les compos de DOWN n’ont jamais autant sonnées noires et lourdes. Le combo possède un assortiment de riffs très efficace en ce sens. DOWN n’a jamais autant été DOWN.

L’homogénéité de l’opus est imparable, tout autant que les compos de la formation (« 3 Suns, 1 Star », « On March The Saints », « The Path », « I Scream ») qui sont tous sans exception des petits bijoux noir d’ébène. Difficile de dire quel morceau est meilleur qu’un autre tant tous se tiennent cote a cote dans la masse lourde de « Over The Under ».

Mais si le grand bonheur des fans et de ré-entendre enfin le père Anselmo au micro, on remarquera sa superbe prestation, le vocaliste posant sur cet enregistrement ce qui reste peut-être l’une de ses meilleures performances en studio (je suis un indécrottable fan de ses enregistrement sur « The Great Southern Trendkill »), loin, trèèès loin de sa –très bonne néanmoins- prestation sur « A Bustle In Your Hedgerow ». Exit la voix rocailleuse entourée de vapeurs de whisky. Ici les lignes vocales sont très claires, contrastant énormément avec les autres enregistrements de la formation, ce qui pourra dérouter le fan de première heure mais qui finalement se greffe particulièrement bien avec l’ambiance de l’opus.

Voici donc un album qui bien que contesté par de nombreux fans demeurent a mon sens la parfaite représentation de DOWN. Une noirceur et un son lourd sans pareil, une authenticité rare et des compos implacable a tire la rigaud.


Certainement le meilleur enregistrement de la formation a ce jour !


Artery // Eternity

ARTERY est une formation française se définissant comme un groupe de Thrash. Moi je veux bien. Vous noterez que je suis quand même ‘hachement malléable comme gars, niveau musical. Oui, je me lance des fleurs mais avouez que je n’en aie pas souvent l’occasion. Puis quand même, des fois, ben ça fait du bien face au « gangsterisme territorial » comme dirait Hakim Bey.

Ben oui, en plus, j’aime bien la ramener.

Bref, après m’être servi une bonne Kwak de derrière les fagots et après avoir matté la cover sur laquelle figure un démon pensif (mais très pixellisé, c’est un peu ballot pour le coup) je lance la galette.

La première chose qui saute aux oreilles c’est le son, perfectible par bien des façons mais qui s’en sort honorablement pour une première autoproduction. Les compositions assez travaillées et a la structure recherchée rappellent furieusement les premiers opus de SLAYER et flirtent parfois avec des mélodies a la IRON MAIDEN, avec un tempo nettement plus rapide, il est vrai. Bon et des solos moins bluffants. Tout cela tient suffisamment la route pour être intéressant.

Non le truc qui gène dans ARTERY, c’est le chant.

La voix, peut-être trop mise en avant, souffre parfois d’une trop faible puissance de chant, et même parfois de maîtrise a mon sens, ce qui est navrant, d’autant plus que le timbre du vocaliste est pas mal du tout et sa maîtrise sympa sur certains morceaux («  Immortal » (très typé MAIDEN justement)  ou encore sur mon morceau préféré «  An Ordinary Man »). Le tout frôle parfois le GWAR de « Hell-o » et son espèce de ligne vocale très typée mais aligne également a des moments des très bons moments. C’est ce qui me fait penser que tout cela devrait gagner a être travaillé. Vu le niveau du groupe, il est certain que celui-ci explosera rapidement une fois son équilibre trouvé. En attendant, « Eternity » annonce les débuts prometteurs d’ARTERY, qui devraient vraiment compter dans la scène underground.



mardi 6 décembre 2011

FURIA // Blast n' fuck


FURIA est connu des métalleux pour avoir –notamment- pondu le fabuleux « Un Lac De Larmes Et De Sang ». Après un « Kheros » nettement en-dessous de la qualité de cette tuerie (mais très sympatoche tout de même) et une bonne grosse traversée du désert, on aurait put croire FURIA mort et enterré.


C’est peut-être bien pour cela justement que FURIA se jette à corps perdu dans la mêlée avec ce E.P nommé « Blast’n Fuck » (scuzez du peu) qui est à la fois inattendu dans sa forme et dans son contenu car il possède en plus l’avantage de présenter une nouvelle facette encore inconnue du groupe jusqu’alors connu pour son Death Epique.


Histoire peut-être de prouver a tous que le groupe n’a pas peur de se remettre en question, ce « Blast’n Fuck » est donc à milles lieux de ce que le groupe à déjà pondu pour se concentrer sur l’impact et sur l’efficacité sans ambages d’un Thrash Metal Brutal et direct, aux nets relents de Stoner. Sur papier cela est appétissant mais il faut ajouter à ce mélange les mélodies innées que FURIA pond avec facilité et qui font systématiquement mouche.

Tiens, je m'ouvre une bonne grosse Cuvée des Trolls pour fêter ça !

Voila donc le nouveau mélange FURIA. Cela pourrait sembler être une concession, un parti pris d’être plus commercial ou attractif mais il saute vite aux yeux que, bien au contraire, la motivation première ici semble être de livrer le plus brutalement et directement possible les sentiments d’un groupe qui à été malmené mais qui se relève pour vomir sa haine à la face de ses détracteurs.


Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça claque ! Si l’intro se révèle quelque peu inutile, elle a le mérite de sublimer le riff principal de « Rebirth », ce qui le rend –encore- plus entrainant. A partir de là c’est un pur festival puisque toutes les compos de cet E.P, si elles sont simple dans leur structure, n’en restent pas moins efficaces et entrainantes, notamment grâce aux mélodies viscérales pondues par le groupe et à la puissance vocale de Damien, bluffant de maitrise. Cerise sur le gâteau, le morceau « Shaman », qui instaure l’ambiance grâce à une petite mélodie indienne et qui recrache en une mixture brutale toutes les influences Death et Stoner du groupe.


Petit bémol par contre, le second morceau de l’opus, « Five Minutes », qui n’apporte –à mon sens- rien de vraiemnt intéressant et qui reste clairement le morceau le moins bon de l’opus (attention j’ai pas dit mauvais, nuance).


On ne pourra pas reprocher aux FURIA de rester figés dans leur style en tout cas ! Si vous êtes –comme votre humble et sexy serviteur- fan du death epique de « Un Lac De Larmes Et De Sang » oubliez tout ce que vous savez de FURIA. Car sur cet EP le groupe défausse son jeu où la main était pourtant parfaite mais cache bien des atouts dans sa manche. Ca fait du bien par où ça passe. A suivre, de très près !


samedi 3 décembre 2011

THYRFING // Farsotstider

Farsotstider est un album qui divise. Certains s’indigne de cet opus noir alors que d’autres s’émerveillent devant la maturité du groupe. Vous l’aurez compris, je suis plutôt dans ce second trip.


Hop une Cuvée des Trolls pour décortiquer ça.



Non parce que si l’album éponyme et " Urkraft" par exemple étaient de glorieux monument au Black Viking Folk et si Thyrfing s’était mit à collectionner un bon paquet de fans –barbus et roux de préférence – le groupe n’entend pas s’endormir sur ses lauriers. Même si c’est une walkyrie sexy comme un suédoise qui les dépose. Et ce quitte a tomber dans l’oubli.

Illustration de ce conflit, la jaquette de Farsotstider est noire, un arbre mort en couverture. Rappelons que la traduction du titre signifie « Temps de Peste » et qu l’ensemble de l’opus lui est sombre, très sombre. Bien plus que ce a quoi nous avait habitué le groupe.


D’ailleurs, «  Far at helvete » affiche la couleur d’entrée. Enfin le manque de couleurs plutôt. Exit les arrangements mélodiques ou les choeurs mis en avant. Les riffs sont violent et sans ambiguïté. Le morceau est très sombre et il dégage une ambiance sans pareille qui détonne vraiment dans la discographie de Thyrfing. Les chœurs finaux appuient cette impression et rappellent que Thyrfing manie très bien ce coté là de son style.

«  Jag Spar Fordarv » continue dans la même lignée. Agressif et lourd, accompagné d’orgue mais mettant nettement plus en avant les bon gros riffs qui tachent.

« Farsotstider » qui donne son nom a l’opus et bien plus « épique », possède bien plus de ces fameux chants plébiscités par de nombreux fans. Les riffs, eux, sont belliqueux et ne prêtent pas a la fantaisie. Mais quand ils sont rejoint par les chœurs et les cuivres la sauce prend à merveille.

« Höst » par contre, est nettement plus calme, mélangeant violons, chants black, chœur et riffs agressifs. La ligne de chant est accompagnée par les chœurs et les couplets alternent les Riffs Metal et les guitares sèches avant que ne viennent la seconde partie du morceaux, où les violons s’affolent et ou les riffs deviennent plus entraînants. Inconstestablement un des meilleurs titres de l’opus.

«  Själavrak » rappelle la violence et la profondeur des premiers morceaux de l’opus, tout comme «  Elddagjämning », même si tout deux sont nettement plus lents. Plus lourds aussi, il est évident a ce stade que le groupe vise le noir total (le riff principal de Elddagjämning est d’ailleurs très parlant a ce niveau).
«  Baldersbalet » et sa ligne de chant impressionnante débarque ensuite, ainsi que son entêtant refrain et son riff très Thrash.

«  Tiden läker intet » lui se rapproche plus de ce qui a fait la grandeur du groupe, des choeurs accompagnant des violons, des riffs et une voix black, une ambiance unique mais toujours très noire. Notons les violons, bien que présents depuis le début de l’opus, qui regagnent une place de choix ici ainsi que sur le morceau sans titre qui clôt l’opus d’une façon magistrale, avec des chœurs toujours plus parfaits. .


A opus a découvrir si vous avez le culot inimaginable de ne pas le connaître, ou a redécouvrir bien évidemment.

jeudi 1 décembre 2011

eOn // Unscarred

eOn est un groupe de Thrash Brutalcore en provenance de Toulon. Formé depuis un bon paquet d’années déjà et s’étant forgé une solide réputation sur scène, la formation n’avait pourtant enregistré aucun album intégral, probablement par faute de temps ou d’argent, comme beaucoup d’autres formations prometteuses.


Hors donc, voici que débarque en Avril 2009 ce très attendu « Unscared », premier long enregistrement de la formation et qui –en plus- marque l’arrivée du second guitariste qui n’était pas présent sur le dernier effort des Toulonnais, le trop court EP « Brutal Awakening », chroniqué dans nos pages. Le tout accompagné des douces mains de Dame Season Of Mist, autant dire que ça prévoit du lourd.


Hop, une Leffe triple pour m’écouter ça.


Et le moins que l’on puisse dire c’est que, d’emblée, l’évolution du groupe est flagrante. Bon, même si on passe outre la qualité de l’enregistrement (qui était sans conteste le point faible sur « Brutal Awakening ») il est évident que les eOn ont fait un grand travail de composition. Ce qui était avant un déluge brutal de déflagrations Panteresques (moi j’aime bien inventer des mots) est sur ce « Unscared » une musique mature, aux influences à la fois visibles et digérées.


Et en plus, il y a un truc bien important qui n’était absolument pas présent auparavant. Ce sont, tadaaaaaaa… Des riffs Heavy.


Ben ouais, navré de le dire, mais la nouvelle cuvée eOn comporte une chiadée de riffs Heavy absolument pas piquées de vers tout en restant super efficaces, aussi bien au niveau de la mélodie que de l’impact qu’ils véhiculent (« One More Beer », « Scar », « Better Than Dead »). Un nouveau bébé plus mélodique, donc, mais pas que. Car la subtilité du groupe tient au fait que si les mélodies Heavy et toutes les influences du genre (MAIDEN en tête) ont été travaillées, on sent également une nette volonté de pousser l’aspect Brutal du groupe un cran au-dessus, et donc, paradoxalement, de faire coïncider des riffs Thrash et des passages qui très franchement n’ont rien à envier a certains groupes de Death Brutal (surtout dans l’énoooorme «Draw The Road ») avec les fameux aspects Heavy dont je parlais plus haut.


Le summum c’est quand le groupe se décide à nous balancer l’air de rien des méga envolées de solos par-dessus ce mélange, chose qui était présente avant mais nettement moins maitrisé. Sur « Unscared », les solos cassent les genoux à mémé quand même, surtout dans l’énorme « Better Than Dead » où on sent que le gratteux se fait plaisir.


Alors, ouais, ça pourrait paraître bancal comme plan, du genre à se casser la gueule au moindre refrain. Mais loin s’en faut, les eOn arrivent subtilement à maintenir cette étrange mixture tout le long de l’opus, en grande partie grâce à une section rythmique qui décalotte mon cousin Martin. Une batterie implacable, qui n’hésites pas a surprendre l’auditeur en décalant des rythmiques, en jouant de la double ou en explosant brutalement, conjointement avec la basse qui est méga efficace. Le tout est –évidemment- mené tambour battant. On parle de Brutalcore quand même.


Un autre point – peut-être même le plus important- de ce « Unscared » est la ligne de chant. La fameuse ligne de chant d’eOn qui faisait énormément penser à du NAPALM DEATH et qui en a rebuté plus d’un à elle aussi été retravaillée pour gagner aussi bien en mélodie qu’en brutalité. Si bien qu’au lieu d’un chant hurlé au phrasé saccadé on se retrouve avec un timbre de voix bien personnel, qui sait allier à la fois des bonnes grosses guttu de derrières les fagots, des cris gerbeurs à la SUPERJOINT RITUAL et des chants clairs que j’aurais rapproché dans un premier temps du travail des ILL NINO. Mais, à vrai dire le groupe lui prèfère des refrains parfois gueulards, hurlés en groupes qui font largement penser à du Hard-core.


Bon, faut relativiser hein. Tout n’est pas parfait dans la dernière cuvée eOn. Il y a déjà l’interlude « Take a Deep Breath » qui tombe un peu à plat, sauf quand il s’agit d’introduire le monstre qu’est « Change The End ». On notera aussi par moment un relent du Grand Sudiste Tueur de Mode, mais bon, rien de bien pénalisant, au contraire. Et après tout, les eOn pourraient bien être eux aussi des Grands Sudistes Tueurs de Mode (même si ça le fait moins dit en français) car, au final, cet excellent « Unscared » nous présente un groupe complet et mature, ayant parfaitement digéré ses influences pour nous les vomir en pleine face dans une mixture brutale et sans concession. Et franchement ça fait plaisir.


Le meilleur opus de Brutalcore que j’ai entendu pour l’instant pour ma part. Les amateurs pourront se jeter sur ce brûlot sans concession. eOn est en route pour se faire un bon gros nom, à grand renforts de bruit et de brutalité. 

La suite ? On espère les voir partout en France, latter la gueule dans les pitt en propageant la bonne parole sudiste, rien ne nous ferait plus plaisir.

TARDY BROTHERS // Bloodline

Les frères TARDY sont connus pour leur travail au sein de OBITUARY, que je ne ferais l’affront de présenter à personne, surtout pas à toi.

Hors en 2009, voici que débarque ce projet bien nommé « TARDY BROTHERS » dans lequel les deux frères se sont investis à 100%, avec un album intitulé « Bloodline ». Voila pour la présentation. 

Moi, je m'ouvre une Bud. ben oui, parce que d’entrée l’artwork du skeud laisse sur le cul, avec son bon gros truck redneck à souhait, au pare-choc maculé de sang. Monstre mécanique qui ne laisse pas la place à l’imagination, dévastant tout sur son passage.

Et c’est vrai que la musique servie par les deux frangins touche un peu à ça dans le sens où elle est exactement ce qu’on attend. Franche et directe, efficace et entrainante même si largement marqué par les riffs et les rythmiques à la OBITUARY.


D’ailleurs si je devais comparer, je dirais que le morceau « Redneck Stamp » présent sur l’opus « Forzen In Time » du groupe de death-Metal culte est bien représentatif de l’ensemble de ce « Bloodline ». 

En effet il semble que ce morceau infinissable et diablement entrainant à la fois ait été soit le point de départ soit le premier enregistrement de ce que la formation exécute parfaitement sur cet opus : un improbable croisement entre des riffs Stoner bien redneck à souhait et une rythmique qui se prête plus au Death old-school, avec des bridges et des breaks un peu partout et des envolées de solos plutôt classieux, môôŝieur... 



Par-dessus cela, la voix de John Tardy, écorchée comme on l’aime (ou pas) se greffe à grand renforts de hurlements, se faisant la place au forcing sans vaseline. Je suis poète dans l'âme, tu trouves pas ?

Mais au final tout cela marche plutôt bien. Mention spéciale aux riffs méga efficaces qui, couplés au mid-tempo quasi permanent, sont vraiment très entraînants et restent longtemps en mémoire.



Finalement, tel le camion de la cover, avançant contre vents et marées vers son but, sans jamais s’en détourner, les TARDY BROTHERS offrent ici un opus attendu mais efficace avec une grosse personnalité et bien marqué de leurs grosses pattasses. Après on aime ou on déteste. 

Moi je m’en remets une couche.