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samedi 4 août 2012

WARDRUNA // Gap Var Ginnunga

La forêt n’est pas accueillante. En règle générale, au village, nous préférons l’éviter, mais il est évident que le gibier y abonde. Les anciens parlent de mauvais présages en ce qui la concerne et on prétend qu’y pénétrer vous disgracie aux yeux des Dieux.


Mais aujourd’hui je n’ai pas le choix, le gibier se fait rare et les miens ont faim. L’hiver peu de plantes nous intéresse et je dois très naturellement me rabattre vers le gibier, même si cela me fais craindre le pire.

La tribu de l’autre coté de la colline revient constamment à la charge. Ils voudraient nos terres mais mon peuple ne se laissera jamais faire.
Et l’approche de la tempête semble calmer leurs assauts.


Aux abords de la forêt, déjà, le malaise se ressent. Le vent devient plus violent et me fouette littéralement le visage de ses grands éclats froids. Les grands arbres sombres eux-mêmes semblent plus menaçants, leurs branches plus longues et leurs feuillages, malgré un air maladif, devient plus touffus. A travers la neige qui tombe brusquement en abondance il me semble que personne ne veut de moi ici.


J’hésite. Un instant, alors que je me dresse à la lisière des bois, j’entends comme une cavalcade, mais le bruit du vent le couvre.


C’est avec un instant d’incompréhension que ma tête coupée tombe dans la neige. Tranchée par la tribu qui prendra ma terre et ma femme, tranchée par un adversaire qui s’est lentement rapproché de moi, profitant de la tempête pour se débarrasser d’un adversaire trop encombrant.


Mes yeux se ferment sur la forêt d’où semble sortir lentement une sorte d’entité vengeresse…



Longue intro, hein ? Ben en fait, WARDRUNA c’est un peu la même chose, en mieux. Mais revenons aux faits : Wardruna est né de l'imagination d’Einar Kvitrafn Selvik (Gorgoroth, entre autre) et de sa passion pour la mythologie scandinave. Initié en 2002, ce projet n'a commencé à attirer l'attention qu'à partir 2007, bien évidemment, avec le documentaire sur Gaahl ("True Norwegian Black Metal"). En effet, quelques morceaux de la formation figuraient sur la bande-son.


WARDRUNA c’est donc un projet difficilement classable, basé sur les runes et sur une musique visuelle. Un mélange de Folk, de paganisme qui essaye d’exploser les limites du genre, en utilisant de nombreux sons comme celui du feu ou d’un cours d’eau par exemple. Idéal pour poser une ambiance et pour s’imprégner du mysticisme passionnant tant Kvitrafn.


Car si le pari est réussi, c’est avec une grande classe et un savoir-faire à toutes épreuves. Kvitrafn n’hésitant pas à poser une longue, très longue introduction ambiante avant d’attaquer le morceau lui-même, le titre sonnant brutalement bien plus folk, avec des sombres mélodies de toutes beautés, très entrainantes et mélangeant des chœurs (féminins, le plus souvent, avec Lindy Fay Hella qui chante mais faisant aussi apparaitre à de nombreuses occasion Gaahl, Kvitrafn poussant la « ritournelle » également de temps en temps).


La grande qualité de ce « Gap Var Ginnunga » est d’être le plus authentique et honnête possible, utilisant uniquement des instruments traditionnels et n’en faisant jamais trop. Si la plupart des mélodies sont sombres, toutes ne dégagent pas la même impression et même si les morceaux sont enchainés, tous possèdent une identité bien personnelle.


Evidemment, plus l’intro est longue et maitrisée, plus l’explosion de la mélodie (qu’elle soit doucement instaurée ou qu’elle explose brutalement) est agréable et entrainante.


Rarement un enregistrement de ce genre ne m’aura autant plut, et dire qu’il ne s’agit que du premier volet d’une trilogie, cela laisse présager beaucoup de grande choses pour Wardruna.


Voila en tout cas un disque qui plaira à tous les adeptes du style.

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