Blog chaotique à la mise à jour aléatoire.


On y cause de
Métal sous toutes ses formes, d'ambiance d'apocalypse, films, séries, jeux de rôle et jours de colère...

vendredi 13 juillet 2012

ITE MISSA EST // Antebellum



En premier lieu, le skeud en jette, tout simplement. Avec ses allures de drame antique qui fleure bon le carnage romain, on sent que les gars de ITE MISSA EST ont mit le paquet niveau design. L'artwork est donc, pour tout le livret, dans cette ambiance de décadence romaine.

Hop, une bonne Gauloise pour m'écouter ça.

Mais, hélàs, mille fois hélas, les ptit coreux de la formation mettent vite de coté le coté « épique » de la Force pour se recentrer sur un bon gros Métal bourrin que mes collègues d'autres webzines avinés qualifieront de « Deathcore » ce qui à le mérite de ne rien vouloir dire de particulier.

Admirez le travail. Ni vu, ni connu, je t'embrouille.

Du coup, forcément, avec une étiquette fourre-tout et tout autant fashion que le Nespresso, le groupe a pris sont quota de déculottés niveau chroniques.

Tu me diras, ami lecteur, qu'ils l'ont bien cherchés. Après tout, qu'est-ce qui différencie un groupe de Deathcore d'un autre groupe de Deathcore, hormis le nom de la formation et parfois l'artwork de l'album (bah, on va dire que je suis méchant là) ?

Et bien une fois n'est pas coutume, il y a une VRAIE touche de personnalité dans le « Deathcore » de chez Ite Missa Est. Sisi, elle est en filigrane durant tout l'opus et ne demande qu'a exploser au fur et à mesure des morceaux.

Parlons-en d'ailleurs, des morceaux : de grosses poutres à se prendre dans la gueule. Des riffs techniques et des poussées de pouka-blast parfaitement maitrisées, ainsi que des vocaux tonitruants. De ce coté là, rien à dire, les ITE MISSA EST réussissent leur pari et servent sur un plateau sanglant un album calibré pour la fosse.

Rajoutons à cela des lyrics en français, ce qui à le mérite d'etre suffisament original et sympatoche pour le souligner, mais qui rajoute d'autant plus a ma gène.

Donc, qu'est-ce qui me chagrine là-dedans ? Ce qui me turlupine, à vrai dire, c'est cette fameuse touche dont je parlais plus haut, ce souffle épique qui s'engouffre sans cesse dans les compos de la formation parisienne et qui me pousse sans cesse a me dire que, putain, mais quand est-ce qu'ils se lachent ? Quand est-ce qu'ils vous nous servir LE morceau de Death Epique qu'on attend pendant tout ce foutu album et qui le sortirait du relatif anonymat dans lequel il ne cesse de replonger ?

Mais non. Comme les -très- bons élèves qu'ils sont, les ITE MISSA EST remplissent avec brio un cahier des charge taillé sur mesure, font trois p'tits tours et puis s'en vont, alors qu'il est évident, mais tellement évident, qu'ils ont beaucoup mieux a dire.

Et cet « Ante Bellum » qui promet tant se contente d'être le skeud parfait pour un public avide de nouveauté de « Core quelque-chose », avec cette poussée épique en plus qui le rend plus intéressant que la plupart et sur lequel ils peuvent jeter sans craindre une oreille attentive en headbangant comme des malades.

Mais moi, assis dans l'ombre finissant ma bière, j’attends. J’attends car je sais que le prochain opus des ITE MISSA EST, s'il est libéré de ses entraves, sera une bonne grosse tuerie annoncée.

Et à la pensée du carnage, je souris. Oh oui, je souris...

note : 11/20

mercredi 30 mai 2012

Young Kingdoms

Yep.


Une carte des jeunes royaumes, d'après notre campagne en cours, ayant débuté déja y'a bien 15 ans... Snif, ça ne me rajeunit pas cette histoire...

Tu remarqueras beaucoup de modifications par rapport à la carte fournie dans stormbringer (et, je veut dire Elric... Putain, ça me rajeunit encore moins).

Voila. Bien à toi.

lundi 30 avril 2012

SAXON // Into The Labyrinth


Il est des grands anciens qui reviennent sans cesse à la charge. Des grands anciens pour lesquels le metal représente plus qu’une musique et semble être également ce qui les fait vivre.
SAXON fait partie de ceux là. Et comme beaucoup de grand anciens (KREATOR, HOLY MOSES ou encore METAL CHURCH pour les plus récents), les anglais présentent cette année un nouvel album.

Hop, une Chimay pour m'écouter ça !

« Into The Labyrinth » est un condensé du Heavy Metal qui a fait le succès de la formation, tout en mettant en avant le single déjà extrait de l’opus, le décevant « Live To Rock ».

A vous donc les envolées de solos, les mélodies méga entrainantes des refrains et les lignes vocales toujours lyriques (quoiqu’un peu poussives sur le coup) de Biff Byford.
Pas de grandes surprises au programme donc, SAXON exécute (avec un talent certain) son Heavy direct et mélodique, n’osant que quelques rares débordements (l’intro ratée du single, par exemple) et ne durcissant le ton que sur le très bon « Come Rock To Ages ». Notons tout de même le « Coming Home », morceau culte de la formation joué à la façon Redneck. Marrant.
Mais bon, tout cela est relativement conforme à ce qu’on attend du groupe et devra réjouir les fans de la formation, qui attendent sans cesse de nouvelles compos venant des britanniques.

Sur « Into The Labyrinth » SAXON prouve certes qu’ils tournent en rond mais qu’en fait la formation ne cherche pas réellement la sortie du labyrinthe. Non, au contraire, tout se beau monde se plait dans les méandres tortueux du heavy et fait d'ailleurs ça très bien.

Que demander de plus ?
La mission est donc remplie.
Ni plus, ni moins.
Un opus qui ravira les fans et qui laissera l’immense majorité des autres complètement de marbre, c’est le seul point réellement négatif, tant SAXON est une formation à re-découvrir.

vendredi 13 avril 2012

Archspire // All Shall Align


- En premier lieu, l'artwork parle de lui même. Sorti du chaos, propageant le chaos. Une onde sonore maléfique sorti du bruit originel pour les maintenir tous alignés.

Pour calmer tout le monde ?

Mont-joie, donc, le premier opus des ARCHSPIRE est sur ma platine. Et autant dire que ça envoi grave du bois vert. Et oui, le bois vert qui vient du Canada, c'est t'y pas beau cette transition ?

Bref, le propos du groupe est simple et alambiqué à la fois. Du death technique, très technique même avec des grandes envolées mélodiques mais également brutal, très brutal.

Sur le papier c'est séduisant. Et pour les avoir vu en live, le groupe assure grave le coté brutal et énergétique. Mais la galette studio rend quoi, en pratique ?

Tiens, je m'ouvre une bonne Labatt Ice pour chroniquer ce monstre. Comme mon skeud, c'est glacé parce que ça vient du canada, et, comme lui, ça à l'air de rien comme ça mais ça envoi grave.

T'en veux un peu, Arch ? T'en penses quoi toi de tout ce concept ?

-J'en pense que c'est une grosse tuerie, une fois de plus Trendkill a eu le nez fin, c'est vrai que le digipack, même s'il lui manque un véritable booklet et j'ai mal aux yeux à lire les paroles, est tout de même somptueux. Cette peinture de Joshua Dartez et le logo en imposent.

Clair que leur death technique , voire plus que précis, aux frappes chirurgicales dans les oreilles, a des allures de grand maître de cérémonie à la Cephalic Carnage, à la Obscura, Jack Slater, Japanische Kampfhörspiele ou encore Dying Fetus. C'est d'ailleurs ça qui est dangereux, cet album est tellement bon qu'on se dit déjà qu'il va être dur de lui succéder.....

Je pense aussi que, autant toi que moi avons pris une bonne baffe dans la tronche, lors de leurs prestations scéniques...
Ce qui est impressionnant indépendamment des instrumentistes c'est le débit ultra soutenu du vocaliste Oli Peters, j'ai été sur le cul en écoutant la manière dont il arrive à articuler dans un chant death le nombre infini de paroles....

Mais tu vois même si Archspire reste dans une veine death brutale,on sent qu'ils ont envie de s'orienter vers des passages plus mélodiques, sans tomber dans le death mélo bien sur, comme ce que l'on peut découvrir sur « Ancient of ancients ».... Et toi , t'en dis quoi de leurs mélodies ? En plus t'as pas l'impression que l'album s'avale super vite ?

- Ouaip, je m'en faisait la réflexion également. Tout ce beau fatras arrive tellement à toute vitesse et on est tellement occupé à en prendre pleins les oreilles qu'on se rend pas compte que les morceaux défilent à toute berzingues. Quand le titre éponyme uniquement instrumental débarque finalement en posant une ambiance macabre avec des mélodies lugubres de toutes beautés, on peine à reprendre son souffle mais c'est déjà la fin de l'opus.

D'ailleurs c'est assez pervers, puis qu’automatiquement on se le remet et que c'est reparti pour un tour. Ils sont loin d'être vertueux ces canadiens, je te le dit moi.

Niveau mélodie, c'est vrai que cet album déboîte également et que la part belle est donnée à de grosses envolées bien trippantes pour sacrifier au langage commun (on en est tous là). Je me suis souvent dit en apostille durant l'écoute que certaines mélodies n'avaient rien à envier à celles du « Symbolic » de Death.

Y'a un truc qui m'a bien plut également, c'est l'attention particulière apportée au mixage. Lors des descentes de toms par exemple, où le son est clair comme l'urine d'un bambin au matin. Stuart Mc Killop (qui a bossé également avec Bison B.C ou Baptists) a fait là un sacré boulot m'est avis, donnant un nouveau sens à la brutalité des breaks qui explosent d'autant plus la tronche de l'auditeur.

- Finalement, il n'y a rien à foutre de côté dans cet album, on a l'impression que le tri a déjà été fait par le groupe et qu'ils ont mis en avant la crème de la crème de leurs compos...

Maintenant c'est vrai que les mélodies permettent d'aérer l'album parce que si sa durée est courte, et sa densité compacte grâce au sweeping et au matraquage de manches, ça empêche l'ennui de venir se poser dès les deux, trois premiers morceaux, alors que dans ce genre death on se fait vite chier ... Et Archspire s'en sort avec les honneurs.

On a donc ici un premier album largement méritant, avec sept petits brulôts qui réchauffent l'atmosphère hivernale et de toutes façons, pour ma part, je ne pouvais qu'apprécier un groupe qui commence par Arch.....C'est ainsi que je te laisse le mot de la fin mon cher Groumph....

- Rhooo qu'est-ce que t'es nombriliste comme mec alors. Devant une tuerie comme ça, il ne pense qu'au bout de son... pseudo.

Mais t'as raison, t'as milles fois raison.

Débarqués de nulle part (si ce n'est Vancouver, mais les X-files et McGyver aussi) ce petit combo va, à mon avis, vite se faire une chouette petite réputation de gros bouchers mélomanes experts dans les riffs-evols-de-la-mort-qui-tue. Ce skeud pour le coup fait office de signature sanglante et purulente sur la poitrine du monstre Metal qui ne s'y attendait pas. L'impact est tellement puissant que seule une paire de chroniqueurs experts de leurs mains pouvait l'analyser.

A écouter dans tous les cas sans tergiverser !

Arch Gros Barbare & Groumphillator HSF

note : 18/20

samedi 18 février 2012

ABORTED // Global Flatline

Personne n'est là quand je me réveille. Tout le monde semble avoir déserté la place. Je me rend compte que je me trouve dans une chambre d’hôpital. Aucun bruit dehors. Et pourtant, il me semble entendre des réminiscences d'alertes radios, des communiqués de presse passés en urgence, des samples obscurs...

La porte de ma chambre semble avoir été bloquée par un brancard, jeté contre le mur, hasardeusement. Je l'ouvre d'un coup d'épaule.

Le couloir pue la tragédie et la mort. Le sang semble être la couleur prédominante de l’hôpital, se traînant sur les murs, s'éparpillant sur le sol.
Et la déflagration arrive. Des riffs lourds, pesants, mais également profonds et implacables. La batterie s'affole et s'abat comme une tragédie. Les morceaux de débris sanglants sont partout.

C'est quand je vois ces restes humains que le growl arrive, profond. C'est quand ces restes s'animent mollement que la musique s'emporte, que les guitares s'emballent comme possédées, mues par une force invisible qui les oblige a me faire subir, encore et encore, une brutalité sans fin.

En fuyant cet endroit, je sens ma raison défaillir. La voix hurle encore, plus profondément, plus puissante encore que ce que je ne l'avais jamais entendu. Et pourtant, le son lisse, puissant de cette bande annonce de fin du monde ne l'augurait pas ainsi. Comme si l'ingé son de cette diabolique litanie avait décidé de tout mettre au taquet en gardant un son pur comme du cristal. Pur et dégoulinant à la fois.

Etrange alchimie du macabre. Curieuse fascination pour la violence. Insolite magie de la brutalité.

Alors que je fuit l’hôpital pour me rendre compte que les rues sont vouées au même chaos, les premiers solos retentissent. Mélodiques, étrangement et diaboliquement mélodiques mais s’effaçant devant la brutalité du propos. La partie rythmique est implacable. La basse est méthodique, les vocaux enragés.

Et les morts arrivent. Ils sont partout, me cernent complètement. Bavants, hurlants autour de moi sur plusieurs pistes. Leur vision me possède complètement alors que la magie opère.

Pourtant, je ne devrais pas les voir mais uniquement les entendre.

Quelque part au fond de moi, je sais que j'écoute simplement le nouvel opus des ABORTED. Mais il me transcende, tant l'effort du groupe est au-delà de tout ce qu'ils ont put enregistrer auparavant. Tant les références tombent rapidement, sont saisissables et assimilables instantanément. Tant l'écoute est aisée et ardue à la fois.

La pochette - magnifique - du skeud tourne entre mes doigts. La bière (une trompe la mort) est fraîche dans ma main, mais mon cerveau n'est plus là.

Transporté par le death brutal et magnifié des ABORTED, il est ailleurs.

Dans la rue, non loin de l’hôpital.

Remarquable récit d'un monde tombé, victime de lui-même. Religion, avidité, haine. Toute la pourriture humaine transparaît dans celle d'un zombi. Tout le vide de l'humanité se résume dans le non-sens de cette non-vie.

Alors forcément, quand l'intro de « Of Scab And Boils » arrive, elle m'incite à me défendre. A prendre cette barre de fer qui traine inévitablement sur le sol et à défoncer les crânes poisseux de ce vide, a aller a contre sens de cette futilité absolue, de cette fin annoncée, de cette mort qui marche, sans but.

Mon arme s'abat, comme la batterie, implacable et sans pitié. Les hurlements des morts se confondent avec ceux du furieux possédé dans ma tête. Nerveux, violent. Sans appel.

Mais elle dérape. Un faux mouvement de ma part, alors que le blast de la batterie ne s’arrête toujours pas, permet à un des mort, celui qui à un crucifix à la main, de m'attraper a la cheville. Les coups se confondent avec la déflagration de la batterie, le tourbillon du carnage au maelström de violence sonore.

Je chancelle, je tombe. Proie facile dans un monde où la pitié a été oubliée.

Mais je ne suis pas mort. Non. Bien au contraire.


J'ai écouté « Global Flatline » et j'y ait survécu.

Un album qui est très probablement le meilleur effort de la formation à ce jour. Un brutal retour aux sources sans concession, mêlé au savoir-faire de Sven et ses potes, mélangé avec énormément de technique et de bestialité, assaisonné d'un peu de mélodies.

Une formidable leçon à la totalité du milieu.

Un opus brutalement cinématographique qui te laisse sur le carreau. On en ressort pas tout à fait vivant, ni tout à fait mort.

Mais on le garde dans la peau, comme une sale morsure infectée.

Note : 19/20

mardi 7 février 2012

Haine Pure

Ô Dagda dieu de bonté et géniteur de Nemed le père de tous les humains où es-tu ?
O Dana miséricordieuse as-tu oublié tes enfants chéris ?

Le désert des steppes glacées est un lieu sans pitié. Nombre de voyageurs y ont laissé leur santé et pire, la raison, rendus fou par les hurlements incessants du blizzard, la rigueur impitoyable du froid et le miroitement inégalable du soleil. Et combien ont laissé la vie en ces lieux inhospitaliers délaissés de tous ? Plus que la faim ou la solitude, le froid est présent, il s’insinue partout et œuvre comme un serpent de glace, insidieux, vicieux et meurtrier. Le vent hurle sa folie, caressant les dunes, déchirant les tertres et pénétrant comme une lame impitoyable la terre en un millier de crevasses, plaies béantes. Tour à tour, il semble pleurer, gémir, hurler...
Une étendue de sable glacial, sur des millions de kilomètres. Etendue infinie qui n’a de cesse que de vous faire souffrir sans fin, inlassablement. Absorbant la vie, la chaleur, la faim, sur une lande de glace froide comme la Mort elle-même.

Aucun arbre pour repère, aucun rocher saillant. Le vide, le néant absolu. Et pourtant, on n’y voyait pas à 10 mètres.

L’homme était puissamment bâti. Plutôt grand, selon les critères de son peuple sauvage, ses longs cheveux noirs de jais semblaient se fondre avec sa peau brûlée par le soleil. Ses yeux bridés, emplis de haine et de volonté, accusaient tous ceux qui auraient pu braver le feu ardent de son regard. Son corps paraissait taillé dans la pierre. Un roc énorme, fait de formes brutes, aux tailles saillantes et grossières. Debout au sommet d’une immense dune il défiait littéralement la mort, toisant du regard le désert.

SON pays, la Sigolie. Il souriait en pensant à sa vie ici. Son quotidien avec les Elobuks, le Vonac, sa Mendji, la sauvage Djiane, et à la famille qu’il avait construit avec sa compagne libre, la fière Aourelle. Bien sur, on lui avait parlé du monde extérieur. Northland en tête. On lui avait conté qu’il existait des Tuaths où les hommes vivaient dans des cages de pierre. Des tours hautes comme des montagnes, des bateaux ou des forêts.

Ah, chiens pouilleux, quelle idiotie ! Il n’imaginait pas d’autre endroits pour vivre. Il se retourna pour voir comment son enfant, chair de sa chair, surmontait le blizzard. Et puis il fallait songer à retrouver puis ramener ce fichu Elobuk avant la nuit et le garçon ralentissait les recherches dans sa marche.

Un Elobuk perdu c’était trente bouches de plus à nourrir au campement. On ne pouvait se passer de son lait, de sa fourrure et de sa viande. Le Nerin regarda son fils du haut de la dune, imposante statue de chair, fière et droite. Son sourire farouche dévoilait la régularité de ses dents ivoirines. Absorbé par la contemplation du fruit de son amour avec sa douce compagne dans le blizzard assourdissant, ses tresses lui battaient le visage mais il s’en moquait. Le vent qui souvent avait été son allié fut un ami défaillant, peut être trahissant pour la première fois son ouie fine par un sombre tour du destin. Il n’entendit pas la charge de la monture au galop. Le cavalier le décapita net sans remarquer l’enfant horrifié en contrebas… Tout comme la dizaine de pillards qui chevauchaient à sa suite.

Ils se dirigèrent vers le campement, labourèrent les femmes de leur virilité impitoyable, asservirent les enfants, tuèrent les vieillards et capturèrent les Elobuks. Pendant tout ce temps l’enfant ne quitta pas des yeux la tête de son père. Visage paternel au regard fixe dans une flaque écarlate, souillant la neige immaculée. Puis la haine, la vengeance, prirent le dessus. Le petit se jeta de toute sa fureur infantile. Sans larme, il courut à la rencontre du clan Sigole. L’innocence contre la barbarie. La pureté face à la sauvagerie de l’envahisseur. Malgré les railleries et les rires amusés des cavaliers, les cris horrifiés des femmes.

Il mit 4 jours à mourir, empalé sur une perche du campement. L’amputation de sa langue l’empêchant de supplier. Il ne l’aurait de toute manière pas fait, fier enfant de son Tuath, digne fils de son père. Ses râles incessants tinrent compagnie aux Sigoles durant tout ce temps, douce musique à leurs oreilles. Ils comprirent tous la grandeur qui l’habitait quand il se tut alors que la morsure du froid gelait ses membres à jamais.

O Morrigan, magnifique déesse guerrière, protectrice des braves, impitoyable exécutrice des faibles. Ta lame aiguisée a fauchée encore une fois la vie, si fragile…

Le désert des steppes glacées est un lieu sans pitié. Nombre de voyageurs y ont laissé leur santé et pire, la raison, rendus fou par les hurlements incessants du blizzard, la rigueur impitoyable du froid et le miroitement inégalable du soleil.
Et combien ont laissé la vie en ces lieux inhospitaliers délaissés de tous ?

Bienvenue en Sigolie…

(nouvelle d'introduction du supplement "Sigoles" pour la seconde édition de Nemedia)

dimanche 5 février 2012

WEDNESDAY 13 // F**k It ! We Do It Live !


WEDNESDAY 13 c’est d’abord le nom du chanteur des The Frankenstein Drag Queens From Planet 13 mais surtout celui des MURDERDOLLS. Après les arrêts successifs de ces deux projets, le chanteur fut invité à poursuivre en solo en donnant son nom à une formation dont les membres changent souvent, chose qu’il fit avec un succès certain.

M’enfin tout est relatif.


Pourtant la recette est simple et efficace. Du punk metal aux refrains méga incisifs et ravageurs, très « gore n’ roll » comme dirait certains de mes confrères. 
Une bonne dose d’humour noir, des jeux de mots à deux balles et une attitude plus glam tu meurs.

Et des crânes un peu partout.


Simple et efficace donc, tant et si bien que WEDNESDAY 13 produit donc 4 albums suivis de ce présent live, d’une qualité plus ou moins égale (le meilleur étant à mon sens « Transylvania 90210 : Songs Of Death, Dying, And The Dead»). Le point fort de ce « F**k It ! We Do It Live !» c’est bien entendu la combinaison DVD / Cd, le Dvd retranscrivant à l’écran ce qu’on entend sur le cd. 

Hop, je m'ouvre une bonne  Lancelot pour fêter ça. Toujours un plaisir.

C’est donc une succession de 19 morceaux joués en live qui sont livrés sur ce cd, la part belle étant néanmoins donnée aux morceaux provenant respectivement du premier et du dernier opus. C’est d’ailleurs, à mon humble avis, assez discutable vu que des compos comme « From Here To Earse » ou encore l’emblématique « Skeletons » n’ont pas vraiment leur place en live.

J’aurais, en effet, préféré y voir certaines reprises des MURDERDOLLS / The Frankenstein Drag Queens From Planet 13, vu que « 197666 » figure déjà sur le set.

M’enfin, je chipote.


Donc, le live est assez intéressant, pour peu qu’on connaisse un peu le travail de Wednesday 13 (ce qui ne doit pas forcement être le cas de beaucoup de personnes dans l’Hexagone).
En live, les compos sont certes boostées par un batteur qui ne s’épuise jamais, par une foule sans cesse haranguée et par Wednesday lui-même qui se montre en grande forme.


Par contre niveau vocal, je l’avais déjà vu et entendu dans des performances assez médiocres en live, et autant dire que ce n’est pas ce live qui va sauver la mise.
Et oui, Wednesday est un très bon chanteur studio (avec son ordinateur) mais en live ça donne une voix nettement moins criarde, nettement moins puissante et pas mal éraillée. Notons que ce n’est pas très gênant, tant la musique qu’il compose lui sort par tous les pores de la peau, m’enfin quand on connait les compos en studio, on ne peut s’empêcher d’avoir un temps d’arrêt.


Mention spéciale à l’intro de « 197666 », justement, vu que je connais archi par cœur ce morceau et la gueulante de son intro, ben… autant dire que j’ai été déçu.

M’enfin, ça vaut pour pas mal de morceaux, le refrain de « God Is A Lie » par exemple. M’enfin on s’en fout, tant le reste transpire de coolittude (non, ce n’est pas un mot qui existe).


Le dvd retranscrit bien ce qu’on entend sur le cd. La salle (un espèce de pub / salle de concert pour teenagers) est un peu plus grande que ce que je pensais de prime abord. Si le groupe à l’air un peu statique, ce n’est qu’en dépit de la taille de la scène. Par contre, les cadrages, le grain de l’image et le montage, tout cela respire l’amateurisme à plein nez, c’est vraiment marrant car jamais réellement gênant.


Bref, ce live est une très bonne idée, reste très sympa et vraiment pas prise de tête, c’est son principal atout, son défaut étant qu’il s’adresse quasiment qu’a des fans de Wednesday 13. Les autres se rabattront sur –l’excellent- « Beyond The Valley Of Murderdolls » des MURDERDOLLS, groupe qui, je vous le rappelle, reprend de nombreux morceaux des The Frankenstein Drag Queens From Planet 13 et comporte un certains Joey Jordisson derrière les fûts.

Be my screaming queen, baby.

mercredi 1 février 2012

Orage est mon honneur

Il hurle. Je l’entends. Mes yeux l’observent pendant son arrivée. Mélange de pourpre, de gris, de noir et de fureur. Son odeur humide me remonte jusqu'à la gorge tandis que la vallée couve le grondement du tonnerre. Une ombre immense et funeste prend possession de cette terre. Ma terre. Aujourd’hui, je vais mourir pour elle, puisse l’orage qui gronde m’accompagner dans les ténèbres.

Le vent souffle si férocement qu’il déchire ma peau. Il est omniprésent. L’ombre des nuages avance sous le ciel avec une telle audace, un tel affront, véritable défi au ciel lui-même. Il sera privé du spectacle de ma mort par le grondement de la pluie.

Ma mort. Elle sera belle et enivrante, ainsi que le chantent les bardes dans mon dos, ainsi que le clament les tambours et les harpes, ainsi que le hurlent les quelques centaines d’hommes à mes cotés.
Ils mourront tous sous l’orage. Ils tomberont sous la pluie.

De l’autre coté de la vallée, l’armée des Elcmarians attend, impassible savourant sa victoire.
Ils sont discipline lorsque nous hurlons et sagesse lorsque nous brandissons nos armes en ultime prière. Je sens la tension grandir alors que je ferme les yeux.

« Ô Lug sois mon guide. Puisses-tu diriger ma lame vers mes ennemis, puisses-tu m’en faire emmener un grand nombre avec moi dans ma fureur. Mon Honneur sera sauf. Aujourd’hui je vais mourir l’arme à la main. »

L’ombre grandit, tel ma haine dans le ventre. Elle occupe toute la place, occulte la raison, passe entre mes cotes, entre les arbres. Aujourd’hui le sang va couler tel la pluie tombant du ciel. Les hurlements s’intensifient alors que le grondement sourd de l’orage prend de la puissance. Plus fort, toujours plus fort. J’ouvre les yeux. L’humidité est palpable. Elle s’insinue dans mes membres et mon épée pèse à présent une tonne. L’ombre recouvre tout, la rage m’étouffe, elle me remonte dans la poitrine, m’enserre le torse. Je ne peux plus respirer. Les grondements se font encore plus assourdissants et le spectacle tonitruant de l’orage conquiert à présent toute la vallée. Comme dernier réconfort, je rugis ma haine et mon honneur dans un cri déchirant, couvert par le tonnerre et les éclairs.

Et puis… C’est la charge. Les hurlements des fiers guerriers sont couverts par les grondements sourds de l’orage. Le clash énorme qui s’ensuit est accompagné par le tonnerre. La pluie s’abat sur nous alors que le sang coule enfin, récompense attendue pour l’honneur de tous les Gaiscedachs du Tuath. Mon épée ruisselante d’eau et de sang fauche la vie au hasard, tranchant des bras, des jambes, perforant parfois des poumons, arrachant les yeux de mes adversaires.

Le sol n’est plus naturel. Il est différent. Il est autre. Mélange de sang et de boue, il accepte, bien malgré lui, le conflit et la torture infligés par le millier d’homme le piétinant. Le tonnerre gronde, hurle, accompagné par le fracas des armes, les supplications des hommes agonisants. Tel une énorme fourrure noire qui recouvre les deux armées pour les perdre dans les ténèbres, le nuage obscurcit toujours le lieu de la bataille. Je me rends compte que je souris atrocement, ivre de violence et de sang. Le craquement des os de mes adversaires, le tonnerre et la férocité de l’orage deviennent une tendre mélodie à mes oreilles.

L’orage prend place dans la bataille, il devient une troisième armée. Bruyant, il handicape tous les combattants, les éclairs qu’il lance illuminent les champs de bataille d’une pâleur mortelle et dans ces moments là on peut voir le massacre, l’œuvre horrible de la mort. Faucheuse sans répit, main dans la main avec Morrigan, anéantissant au hasard les corps.
Ce soir, elles seules festoieront.

La pluie est si drue qu’il est difficile de discerner ses adversaires. Je ne vois plus mon épée, mes compagnons ou même le sol. Le nuage, lui, est partout, il gronde, crache des éclairs de tous cotés. La pluie m’inonde complètement alors que je prend conscience que je suis a terre. Les hurlements continuent au loin, presque étouffés. La bataille ne cesse pas pour me voir expirer mais par Lug, peu m’importe. Comment peut-on ne pas admirer le ciel ? Ce nuage est si merveilleux, sa beauté me transcende et ses éclairs me percent de toutes part. Finalement, il me semble qu’après ce nuage plus rien n’existera.

Plus rien.

(nouvelle d'introduction de la nouvelle édition de Nemedia. Illustration de Java)