Blog chaotique à la mise à jour aléatoire.


On y cause de
Métal sous toutes ses formes, d'ambiance d'apocalypse, films, séries, jeux de rôle et jours de colère...

mardi 15 novembre 2011

WHISPERSAW // Lost Dark Ages


On se dit parfois que le destin n'est qu'une putain capricieuse. Ya des groupes qui valent rien et qui se font connaître avec des bouses immondes et des petites formations inconnues qui méritent une grande reconnaissance de par leur travail mais qui peine à la trouver.

Vous l'aurez compris, WHISPERSAW est de ceux là. Et putain c'est bien dommage parce que quand on entend l'énorme travail fourni sur ce « Lost Dark Ages » on se demande vraiment pourquoi le groupe n'est pas simplement au panthéon du death metal français. Moi je m'ouvre une bonne Gauloise pour m'écouter ça.

Le chevalier noir (qui a dit « du chaos ? ») trônant sur la cover annonce la couleur. WHISPERSAW c'est un monstre incontournable et phénoménal de noirceur. Ben ouais...

En gros, sur cette monstrueuse démo, WHISPERSAW fait montre d'un savoir-faire étonnant, d'un sens de la composition assez conséquent et d'une énergie semblant à toutes épreuves. Et oui, force est de constater qu'avec une sens de la mélodie assez efficace, le combo Toulonnais balance toujours des riffs énormes, soutenus par des mélodies en metal lourd, comme cette énorme intro de « Last Breath » par exemple.

La grande force des WHIPERSAW, outre le fait de proposer cette formidable propension à la mélodie lugubre qui tabasse mémé, c'est également de donner une identité bien propre à chaque composition, où tous les instruments sont magnifiquement sublimés. Si bien que, des vocaux à la fois gutturaux et clairs de Krout, des claviers de Pyves ou d'ailleurs de tous les autres instruments, il y a toujours un moment où on se dit « putain, mais ça désosse ce passage ! », sauf qu'on se dit ça au moins cinq fois par morceau.

Des idées qui tabassent à la pelle, donc, une putain d'énergie qui envoi et des compos qui balancent mémé dans les orties fraîches du matin le tout servi par un mixage parf... Ah... On me fait signe que non...

Argh, et ben non, tout n'est pas parfait dans cette énorme première démo du groupe puisque le mixage dessert énormément l'énorme prestation du groupe. Certains parle de « son trop clair », d'autre de « guitares trop en retrait », bref, de son pas très propre, proche du Raw Black, ou du low-fi, pour ceux qui maitrise leur lexique musical. Bref, un son très brouillon pour une musique qui ne l'est absolument pas, tant les nuances entre les guitares, les claviers et les vocaux sont énormes et importants. J'insiste sur le « énorme », écoutez juste pour voir le titre éponyme, « Lost Dark Ages ».

Une démo a écouter en urgence, même sur le tard (l'opus date quand même de 2008), histoire que le groupe se bouge pour nous pondre un enregistrement à la hauteur de la qualité de ses compos et de son talent.

lundi 14 novembre 2011

Cruachan // The Morrigan's Call


(Les parties en italiques sont de la chroniqueuse Cuchulain)

-« Cet album était très attendu c’est un fait, mais nous savions qu’il serait bon. Certainement parce que dans notre for intérieur on sait pertinemment que le groupe aura beaucoup de difficulté à nous décevoir. Et qu’il n’est jamais trop difficile de surfer sur une vague qu’on a contribué a lancer.



Je répète pour les deux du fond.



Cruachan est LA formation de Folk-metal. Celle qui a apporté le plus de pavés pour construire la route afin que les chariots de Finntroll, Ensiferum ou Korpiklaan puissent rouler a toute berzingue dessus. Faut quand même savoir que leur tout premier album date de… 1995 ! Ceci étant dit jetons nous en bavant sur la jaquette, non pas parce que la charmante créature représentant Morrigan y trône seins nus, mais bel et bien pour en apprécier l’artwork qui, comme tous les artworks de Cruachan, donne déjà une bonne ambiance de ce que recèle la galette. Entre un corbeau et un faucon, entre l’automne et le printemps, se dresse la fière déesse. Etrange image ?

Boah, elle est où ma bière ? Une Guiness, forcément, on se refait pas. T’en penses quoi, Cuchulain ? »



-« Après deux ans d'attente et la sortie de Pagan, revoilà les irlandais de Cruachan ! Au vue de leur dernière production on pouvait s'attendre à un album beaucoup plus orienté metal mais il n'en sera rien. Dès le premier morceau, le ton est donné. Shelob offre un départ tonitruant avec un black très "rentre dedans », mais rapidement s'en suit un passage où l'on retrouve les mélodies celtes festives entonnées par Karen. Le morceau sera dans son ensemble construit sur cette dualité, comme la majorité de l'album. Ton avis Groumph’ ? »



-« Ouaip, ça c'est bien dit. Shelob met une bonne grosse claque. Un black rapide et sans concession laisse la place a un de ces airs celtes qui a fait la réputation de Cruachan. Exit Pagan et ses errements. La musique de « The Morrigan’s Call » oscille sans cesse entre ces deux extrêmes tout en les maîtrisant parfaitement. L’ombre et la lumière, le black impitoyable et les envolées mélodiques celtes. Les grognements de Keith Fay et la voix claire comme le cristal de Karen Gilligan. Morrigan entre l’ombre et la lumière. L’aboutissement du groupe. »
Comme dans The Brown Bull of Cooley, un riff impitoyable, vite rejoint par des airs celtes, même si la place donné a ceux-ci est moins évidente par endroit, le bridge violent et rapide, on ne peut cependant se lever l’air du crâne pendant un bon moment.

Coffin Ships qui suit est un chouette interlude avec en fond le ressac de la mer sur lequel se greffe l’introduction a la guitare sèche et au violon de The Great Hunger. Les guitares montent lentement en saturation jusqu'à l’explosion par-dessus laquelle la voix de Karen Gilligan vole tranquillement. Jusqu'à ce que l’ombre reprenne sa place, et avec elle les hurlements black et la batterie folle. Le morceau le plus long de l’opus est par le fait le meilleur à mon sens.

Les mélodies et la gaieté nous reviennent cependant avec The Old Woman in the Woods, un morceau qui fait beaucoup penser a « Somes say the devil is dead » sur Pagan.  Tu veux un peu de ma bière ? Fais gaffe, je te reproposerais pas deux fois»



-« Oui, j'adore la Guinness, merci ! Je rajouterais que le groupe reprend ici une célèbre chanson populaire traditionnelle irlandaise »



« Le morceau se fait vite rattraper par « Ungoliant », un morceau nettement plus heavy que les autres. Comprendre « moins black metal », car, curieusement, la voix de Keith Fay en est absente. « The Morrigan’s Call », le morceau donnant son nom a l’opus, est un titre qui n’est pas s’en rappeler le début de « laï laï heï » de Ensiferum. Téir Abhaile Riú qui le suit de trés prés explose tout de suite avec un hurlement black avant de se faire rejoindre par les mélodies celtes. Wolf Tone a tout de l’hymne guerrier en puissance, introduction tribale en prime avant d’être rejoins par « The Very Wild Rover », ce vieil air irlandais accompagné d’un bon gros air de Death qui tâche. Etrange mélange mais qui marche extraordinairement bien.

Cuchulainn par conte reprend les droits de l’obscurité, en imposant un black bien saccadé, entrecoupé de parties mélodiques, pur produit de chez Cruachan, avant de conclure dans la plus pure tradition du groupe, les instruments saturés accompagnant les classiques. »



-« Sur « Cuchulainn » la musique suit très bien l'histoire très sombre comptée sur le morceau. »



- « Puis la formation n’explose sur le final Diarmuid and Grainne, véritable condensé de ce qui nous ait passé dessus pendant pas loin de quarante minutes. En plus bruyant.


Au final il me semble que « The Morrigan’s Call » est l’album de toutes les réussites. Deja parce qu’avec la vague actuelle de groupe de Folk-metal, plus personne ne peut plus ignorer les Cruachan. Juste retour des choses.

Ensuite car la formation arrive a plusieurs reprises a s’approprier les influences de bien d’autre formations de folk metal plus connues sans jamais les copier.

Et aussi finalement car l’éternelle dualité qui agite les compos de Cruachan semble tout a fait maitrisée, comme le laissait penser déjà « Pagan ». Non ? »


"En effet ! Tout a été assez bien résumé plus haut, je rajouterai juste que le groupe reprend au cinquième titre une célèbre chanson populaire traditionnelle irlandaise, mon collègue étant a ce stade trop saoul pour s'en rendre compte, même s'il ne l'avouera jamais.

Finalement Cruachan a abandonné les thèmes "pagan" pour retrouver la mythologie celte dans les thèmes abordés par les chansons, et que les influences celtes se font plus ressentir que jamais, la plupart des airs celtes étant parfaitement repris par Karen. C'est un album surtout à écouter dans une ambiance festive, mais pas tellement tout seul chez soit quand on recherche une musique pour rêver! »

(chronique réalisée pour Imm3moria)


dimanche 13 novembre 2011

Oil Carter - L'interview

Salut à toi.

Il y a quelques jours, j'interviewais -enfin ! diras-tu- les très bons Oil Carter.

Très bon moment, bonne bière... Que demande le peuple ?

samedi 12 novembre 2011

Spellblast // Horns Of Silence

SPEELBLAST


Putain si c’est pas du nom ça.

A part Yyrkoon ou autre Balrog c’est quand même difficile de faire plus atypique. Moi qui voulait monter un groupe du nom de « Blood and Souls for Arioch » je crois que c’est plus la peine.
 
Les Italiens nous présentent donc ici leur premier album, avec un chouette bon gros nain au marteau en cover, prêt a pulvérisé d’un bon coup de « fumble » le zombi face a lui. Moi je dis « banco », et m’installe avec une Hobgobelin –la bière des grandes occases – dans mon canapé. Evidemment je m’attend a me faire écraser.

"In The Name Of Odin"(woooooooo le nom) commence fort, puisque l’intro de l’album nous fait entendre des pas d’homme dans la neige. C’est décidé d’ailleurs, tout bon album de guerriers assimilés viking devrait commencer de cette façon. Le morceau explose rapidement, avec des riff a la Manowar alors que le chanteur Jonathan Spagnuolo envole le morceau avec une voix atypique pour la scène italienne, plus proche de Blind Gardian. Le refrain semble tiré, lui, d’un morceau de Finntroll, instruments folkloriques à la clé. Le bridge introduit un solo typiquement Heavy.

La claque.

« Lost in the Forest » (et son méga refrain), « Losing Reality » ou  « Glory to The Gem » (et leurs airs de Heavy Symphonique) suivent le même schéma en renouvellant sans cesse les mélodies, en mélangeant des riff speed, des instrument plus folk et les sonorités purement Heavy.

Evidemment au bout de quatres titres dans le genre on pourrait croire qu’on va se lasser, mais que nenni. Deja car tout cela est exécuté d’une façon incontestablement bien maîtrisé et bien pensé. Ensuite parce que le meilleur morceau de l’album a mon sens vient de suite après, a savoir le phénoménal « Goblins Song », ressemblant a s’y méprendre a du ENSIFERUM. Un morceau explosant dans le folk-metal teinté de Heavy festif, un pur moment de bonheur a écouter en boucle (ce que j’ai d’ailleurs fait).

Il y a beaucoup a dire encore sur SPELLBLAST. Deja l’ambiance Fantasy qui se dégage de la formation (je veux pas ré-enchérir, mais vous avez bien constaté par vous-même le nom des morceaux). Gobelin, licornes, gemmes, chevaliers tout y passe. Sans parler de la perfection de chaque musicien, cet album est tout simplement a écouter sans concession.

Et dire que c’est un premier album !

lundi 7 novembre 2011

Lofofora // Monstre Ordinaire


Un homme désemparé, probablement aliéné par une société qu'il ne comprend plus et qui le rejette, traîne péniblement sur quelques mètres de bitume (ou de sable solidifié) une atroce pelle qui lui a servi à massacrer quelqu'un, ou plus probablement à enterrer et à enfouir bien profond ses idées, ses rêves et ses fantasmes sur un monde à l'agonie dans lequel il n'a manifestement plus sa place.

Jolie image.

On se perd, on se bat. Si l'on pouvait déjà élever le débat. Aucun miracle sur nos chemins de croix. Ca non.

Je dois bien avouer que pour ma part, j'avais été conquis par le précédent effort des Lofofora, le très critiqué « Mémoires de Singes » ou les Lofof prenaient des risques, tablant sur des textes profonds, limite introspectifs par moment et où, en plus, y'avait du Stupeflip et beaucoup de travail, comme pour un album d'Astérix.

Aller hop, je m'ouvre une bonne « Combe Aux Loups », pour fêter le retour des Français, une bonne brune comme je les aime (pas seulement en femmes, et non) à l'odeur de caramel et de raisin mais qui laisse un goût de regret en bouche.

« Je crache les mots plus vite que je les mache », voilà qui est dit. L'intro de l'album pose des bases simples, sans ambages. Reuno, comme à son accoutumée, éructe des lyrics incisifs, haineux et frustrés, loin de la consternation et de la contemplation d'un monde perdu qui faisait à mon sens le charme de l'opus précédent.

En même temps les temps ont changés. Si sur « Mémoires de singes », l'oppression et la peur que notre monde (et plus prosaïquement notre pays) parte en couille tenait le haut du pavé, de nos jours on le sait. C'est la merde et le peuple est effacé devant une minorité menée par le bout du portefeuille.

Nerveux donc, le nouveau Lofofora est également sur le mode du « tout au taquet », avec des guitares qui hurlent leur rage, une batterie implacable et une voix toujours en avant, qui ne s'occasionne que quelques moments de calmes.

Donc qu'on se le dise, cet album de Lofofora est fibreux, sans concession et c'est exactement ce qu'on attend d'eux. On est même très contents et on s'en félicite.

Non ?

…. Et bien... Pas tout à fait...

Car, en effet, à l'image de ma Combe Aux Loups, le lieu, le temps, l'énergie et les moyens mis en œuvre nous faisaient présager à un GRAND moment de musique (ou de bière, c'est selon de quoi on parle). Mais, hélas, comme ma « Combe Aux Loups », le dernier Lofofora montre les dents mais laisse comme un goût de regret en bouche.

Ok, ça envoi. Ok c'est du lourd, ça gueule et ça dénonce mais tout de même... L'opus tend à se tirer sur la longueur et les morceaux deviennent longs et presque répétitifs à l'écoute sur le temps. Reuno est toujours aussi bons mais, putain, qu'est-ce qu'ils étaient bons les textes de « Mémoires... », pourquoi revenir à des symboliques obscures, qu'est devenu le style de chanson comme « La Belle Vie » ?

Mais attention, hein, l'album est très bon. Ca reste du Lofofora, avec du « tout au taquet » et qui dépote Mémé Jeanine dans son jardin sous la pluie (et c'est sûr que ça tombe drû comme de la merde en tube). Mais les auditeurs qui suivent depuis un bout de temps la bande a Reuno et qui les ont vu évoluer sauront bien voir que le groupe n'est pas à son maxi, assurant juste le minimum syndical.

Par contre, ça doit envoyer en live, du coup.

Les fans se jetteront dessus, les allergiques n'y changeront certainement pas leur opinion.

The Berzerker // The Reawakening

Le groupe le plus extrême du monde n’existe pas. 

Il n’y a que des postulants au titre, chacun sortant un album remarqué avant de se faire damer le pion par un autre concurrent. Notable exception à la règle, les espèces de dingues australiens de THE BERZERKER, groupe fréquemment cité comme étant le roi en place.

THE BERZERKER, pour les inconscients qui ne connaissent pas, c’est du Death Brutal Electro. Ou Techno. Ou Indus. Enfin bref, n’importe quel qualificatif qui pourrait faire comprendre à l’auditeur que le groupe se sert d’une distorsion sur sa partie batterie (ce qui donne un son bien personnel à la formation).
Mais, même le groupe le plus extrême du monde ne peut se contenter de hurler à tout va. C’est sur ce point précis que réside le génie retors des Australiens, faisant évoluer leur projet à chaque album. 

Réinventer la brutalité ? 
C’est le propos de THE BERZERKER, et c’est une évolution constante.

Avant de nous attarder sur ce Re-Réveil du dragon, remarquons un changement de line-up. Et oui, puisque le (talentueux) bassiste Sam Bean (mon petit chouchou de THE SENSELESS, opus qui, au passage, me laisse encore sur le cul) est parti de la formation et que le nouveau batteur (probablement un fou) se nomme Todd Hansen. Remarquons également que le précédent opus de THE BERZERKER, « Animosity » divise les fans (et pas seulement au sein de la rédaction d’Imm3moria). Trop groove pour certains, retour aux racines pour d’autres, véritable tuerie pour la plupart, notons que l’opus était accompagné d’un live (une véritable tuerie !) du groupe.

Et voila donc que débarque –enfin- ce « The Reawakening » Australien. Comme tous les bons groupes, THE BERZERKER soigne ses covers. Au point que le Dragon trônant sur chaque album de la formation a sut prendre, au fil du temps, une importance particulière. Quelle surprise donc de découvrir un vrai dragon, comme en voit dans le ciel de nos campagnes (enfin, vous m’avez compris) et plus un de ces robots cybergénétiques ratés conçus par un savant fou quelconque.
Un vrai dragon qui se réveille sur un champ de bataille, donc. Admirez le sens et la puissance que possède l’image.

Chacun l’interprétera comme il le voudra. Je vais quand à moi travailler sur cette base.

La musique des THE BERZERKER ce serait donc humanisée ? Et bien force est de constater que oui, les morceaux de ce « The Reawakening » sont plus humains. J’entends, plus humains dans leur violence, dans leur bestialité. Plus humains dans leur construction puisqu’ils laissent le temps à l’auditeur de s’habituer à la déflagration qu’ils infligent. Ce ne sont plus une succession de morceaux ultra-violents balancés comme ça, mais de véritables constructions, de vraies structures de compositions et, plus que tout, cela s’entend dès la première écoute (parce que c’était aussi le cas avant, mais fallait s’assoir et reprendre sa respiration pour s’en rendre compte) ! 

Mieux que ça, si on omet les différents samples inhérents au groupe qui introduisent les morceaux, on se rend compte que les BERZERKER ont même prit le temps de créer de véritables introductions à la plupart des morceaux (« An Unforgotten Force », « The Deception »). On notera également une construction plus recherchée dans la ligne de chant (enfin, si on peut parler de chant), avec des guttu moins profondes et une mise en avant évidente du vocaliste alors que la partie porcine se retrouve également renforcée mais accompagne le vocaliste principal. Que de changements majeurs dans la musique de la formation !

Faiblard alors, le nouveau THE BERZERKER ?

Et bien non. Etrangement, malgré ces changements importants dans la musique sans concession des Australiens il est aisé de constater que « The Reawakening » pète toujours autant la tronche que ses ancêtres. Comme d’hab, le combo nous sert un mélange d’ultraviolence, de blast beat à tout va, de hurlements gutturaux et porçins très puissants.

Bon, les partis pris cités au début font que la musique des Australiens se trouve parfois plus lourde sur certains –rares- moments de l’opus. Signe de maturité ou de faiblesse, ce qui est sur c’est que cet excellent opus ne va pas réconcilier les fans entre eux.

Plus discutable, le choix de servir en derniers titres 6 mix techno hardcore de quelques morceaux (en fait, 4 de « Spare Parts » et 2 de « Caught In The Crossfire ») . J’entends déjà les puristes hurler au scandale, j’y vois quand à moi une ingénieuse façon de réinventer les morceaux de l’opus en prouvant son savoir-faire. 

J’aurais aimé voir des anciens morceaux remixés de la sorte, histoire de…

Sur le champ de bataille du Brutal, le vieux Dragon australien se re-réveille. Et il entend prouver qu’il ne s’est pas réveillé pour rien.

Une tuerie annoncée et effective.

samedi 5 novembre 2011

Ill Nino // Enigma

ILL NINO c’est d’abord et avant tout la claque de « Revolution, revoluçion » qui reste encore aujourd’hui l’un des meilleurs albums de Néo Metal jamais réalisé.

ILL NINO c’est aussi, malgré cette évidente envie de tout casser, une stigmatisation du Néo dans tout ce qu’il a de plus énervant : look du combo revu par des designers, des morceaux sur les films grand public (notamment « Freddy vs Jason ») et une volonté, comme pour tous les groupes de Néo, d’être le plus abordable possible par un maximum d’auditeurs. 

Ouais, mais il faut préciser que ILL NINO c’est aussi un son très puissant et sans concession, des grattes accordées souvent un ton plus bas, une batterie pleine de déflagrations à toutes épreuves, des compos chantées / hurlées en anglais et en espagnol, des anciens membres de PRO PAIN, de SOULFLY et de MACHINE HEAD. Mais c’est aussi des parties acoustiques et mélodiques dans des airs très hispaniques. 

Dans sa signification : ILL (malade en anglais) et NINO (enfant en espagnol) le groupe veut tout dire. 

ILL NINO c’est l’enfant malade du Neo.


Une énorme dualité donc, d’un coté la possibilité de faire des morceaux sans concessions et radicaux mais une certaine attirance pour les Trompettes de la Renommée également. 
Malheureusement, ILL NINO se laisse facilement tenter, preuve en est leur second opus, le « Confession» qui aura déçu pas mal de fans de première heure, avec son single taillé pour la BO de « Freddy vs Jason » et un son lissé au possible. Loin de se démonter pour autant, le groupe marqua avec son troisième opus « One Nation Underground » (dont les initiales et le titre sont parlants) une réelle volonté de rester indomptable avec un album qui reste, comme « Revolution, revoluçion » un très bon opus de Néo avec un véritable retour aux sources et ce qui à mon sens est l’un des meilleurs morceaux de Néo, le fabuleux « This Is War » qui ouvre l’opus. Mais après un changement de label le groupe restait définitivement silencieux. Jusqu'à aujourd’hui. 


C’est donc avec une certaine appréhension que j’aborde l’écoute de cet énigmatique « Enigma » (oui je sais, elle était facile).
A l’image de « One Nation Underground », l’opus commence très fort avec un morceau d’anthologie, le très bon «The  Alibi Of Tyrants », du ILL NINO a forte dose, des cris rageurs, des déflagrations dans tous les sens et la dualité chant clair / hurlements déchirés mélangeant l’espagnol et l’anglais. Le son est énorme, comme il est de coutume a présent avec la formation du New-Jersey. Ca pète dans tous les sens, la basse et la batteries sont tout simplement les deux piliers de cette machine de guerre implacable. 

Rien à dire, c’est du tout bon. 


Malheureusement, le groupe semble oublier toute sa puissance et ses atouts sur les autres morceaux de l’opus, quasiment tous des airs mielleux prompts a lever des gonzesses. Mais comment ça se fait ça ? Comment on peut pondre un morceau d’introduction comme « The Alibi Of Tyrants », une véritable tuerie, et de la merde juste bonne à lever des lycéennes en manque de queues sur –quasiment- tout le reste de l’opus en lorgnant très clairement du coté LINKIN PARK ? Ils nous ont fait quoi là ? 


Ca m’énerve. 

Quand on voit la puissance dégagée par « The Alibi Of The Tyrants » et les deux autres morceaux de l’opus qui se lâchent franco (a savoir « Finger Painting (with the enemy) » et « Compulsion Of Virus and Fever », de véritables bijoux aux riffs incisifs et aux percus de toutes beautés) on se demande pourquoi les ILL NINO n’ont pas pondus les treize titres qui parsèment leur opus dans la même veine. 

Puis finalement on comprend… 


C’est plus vendeur de faire dix titres roucoulants et trois qui sauvent l’honneur. Dix morceaux abordables, agréables a l’écoute au demeurant et faisant preuve de beaucoup de savoir-faire. Des morceaux qui s’écoutent tout de même. 

Mais beaucoup trop sages pour séduire le public qui accrochait sur « Revolution, revoluçion ». Rien qui ne soit a la hauteur de la puissance du groupe, hormis trois titres. 


Trois titres… Ca ne sauve même pas une note.