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jeudi 22 décembre 2011

MINISTRY // Cover-up

MINISTRY n’est pas encore parti ! Comme un étron trop lourd pour tirer sa révérence au fond d’une cuvette jaunie dans un pub mal fréquenté, la formation culte a encore quelques riffs à balancer dans la gueule en faisant suite au monumental « The Last Sucker ».

MINISTRY n’est pas un groupe commun. En effet, quel groupe choisirait comme album d’adieu une ultime anthologie de reprises, tous styles confondus ? Un album de reprise c’est, un peu comme un live, un mauvais signe de vie du groupe. Un manque d’inspiration flagrant. Un « rien a dire » assez pitoyable. Mais pas chez la formation Indus, car MINISTRY c’est également un monumental broyeur, un énorme rouleau compresseur prompt a écraser tout ce qui passe a sa portée. 

Hop, je m'ouvre une Bornem pour l'occase.

Et la première chose qui frappe a l’écoute de ce « Cover-Up », hormis l’énorme diversité de styles couverts par l’ensemble des reprises, c’est bien la lourdeur du son et la vivacité de l’indus pratiqué par Jourgensen, toute sa clique et ses invités (regroupés tous sous l’appelation « Ministry and Co-Conspirators »). Notons donc parmi eux la formation complète qui enregistra « The Last Sucker » (dont Paul Raven à la basse, décédé peu après cet enregistrement) mais aussi des musiciens additionnels comme Burton C Bell (Fear Factory), Casey Chaos (Amen), ou encore Wayne Static (Static X).

Implacable, la machine MINISTRY -sans dénaturer aucun des titres, tous parfaitement reconnaissables – revoit donc de grands classiques. Si BLACK SABBATH (« Supernaut » ) ou DEEP PURPLE (avec « Space Truckin’ ») font nécessairement partis de ce tour d’horizons des morceaux chers a Jourgensen (et regagnent au passage une jeunesse incroyable, à grands renforts de samples et de son dévastateur) on sera plus étonnés d’entendre les ROLLING STONES (du moins avec « Under My Thumb », d’ailleurs les droits ont dût couter bonbon), les RAM JAM avec « Mountains » ou encore les T-REX avec « Get It On » (annoncé comme « Bang a Gong »sur la playslist). 

Tous ces morceaux possédant –une fois passés a la moulinette Indus- une pêche incroyable et un son très pesant (notamment le « Supernaut » des BLACK SABBATH, mais faut dire que le morceau original y est pour quelque-chose). Le « Lay Lady Lay » de Dylan et le « Roadhouse Blues » des DOORS, eux, avaient déjà eux les honneurs des enregistrements studios précédents (et même récemment pour la reprises des DOORS).

Fervent opposant au gouvernement Bush, Jourgensen attaque - malgré l’apparente impossibilité de politiser des reprises – le président américain de bien différentes manières. Notons le sample qui précède la reprise des BLACK SABBATH par exemple. 
Ultime pied de nez, Jourgensen s’offre en dernière boutade la reprise de « What A Wonderful World » de Louis Armstrong, chantée de façon ironique pour exploser le morceau sur son final. Mais l’hommage est sauf, car le morceau est repris sans son final explosif en ghost track. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le soixante-neuvième ghost track (notez le numéro) et également le dernier prend la forme d’une petite ritournelle acapella aux airs country dont la cible est le président américain.

Sans être transcendant ni absolument nécessaire ou incontournable, l’ultime enregistrement des MINISTRY est finalement un chouette moment à passer avec la formation, en ressassant des bons vieux souvenirs. Mais finalement, pour entendre le testament de MINISTRY, l’amateur se tournera plutôt vers le dernier volet de la trilogie anti-bush, le fabuleux brûlot « The Last Sucker ».

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